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Quatrième de couverture :

En 2070, la Terre vit dans la prospérité et le bonheur grâce à la Pompe à Électrons, qui fournit une énergie illimitée et gratuite. Une découverte extraordinaire, à moins que...
À moins que cette invention miraculeuse ne constitue à plus ou moins longue échéance une menace imparable pour notre Univers, un piège tendu par une civilisation parallèle pour anéantir notre réalité.
Seules quelques personnes ont pressenti la terrible vérité, un jeune physicien marginal, une Lunarite intuitionniste, un extraterrestre rebelle vivant sur une planète qui se meurt.
Mais qui les écoutera ? Qui les croira ? Contre la stupidité, les dieux eux-même luttent en vain.

Mon avis :

La Terre vit un âge d'or depuis que le professeur Hallan a conçu la Pompe, une source d'énergie inépuisable, gratuite et non poluuante, capable de subvenir aux besoins de la planète entière. Cela semble trop beau pour être vrai, et c'est d'ailleurs l'intime conviction de Lamont, qui va tout faire pour en démontrer la dangerosité.

« Contre la stupidité, les dieux eux-mêmes luttent en vain. »
De cette citation, provenant de la pièce de théâtre La Pucelle d'Orléans, de Friedrich von Schiller, Isaac Asimov a tiré le titre de son roman et des trois parties qui le composent. Une citation fort appropriée car, au-delà du fonctionnement de la Pompe, décrite dans le détail avec forces arguments scientifiques, c'est bien de la bêtise humaine dont il est question dans le récit.

Le professeur Hallan, érigé en sauveur de l'humanité, est un crétin arrogant, et Lamont, si il veut sauver la Terre, c'est avant tout par jalousie professionnelle envers ce dernier. De manière générale, tous les personnages qui veulent le bien de l'humanité, soit le font mal, soit le font pour de mauvaises raisons. Dire que la communauté scientifique n'est pas présentée sous son meilleur jour serait un euphémisme.

Ce constat amer ne se limite pas à l'humanité puisque, dans son tiers central, Asimov nous présente une civilisation extraterrestre qui souffre des mêmes travers. Une seconde partie de récit aussi exotique que fascinante. L'auteur dépeint une espèce dans le détail, avec sa biologie, sa culture et son mode de vie. Il parvient à rendre le tout crédible et à nous faire s'attacher aux personnages sans pour autant les humaniser. Très fort !

La fin est à la fois logique et surprenante. Une conclusion admirable pour un grand récit de science-fiction.

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