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Quatrième de couverture :

2020. A l'instigation d'un scientifique brésilien, Alberto Brumado, une mission d'exploration vers la planète rouge va enfin voir le jour.
Vingt-cinq candidats de toutes nations ont été sélectionnés pour cette odyssée sous contrôle russo-américain. Après un voyage de neuf mois, toute l'équipe devra désormais se confronter à l'hostilité de la planète mais également aux tensions, jalousies et conflits inévitables après une longue période de huis clos. Chacun rêve de découvertes extraordinaires, mais la réalité est plus prosaïque : tempêtes de sable, pluies de météorites, virus mystérieux...

Mon avis :

Les premiers pas de l'homme sur Mars, comme si vous y étiez !
Après avoir exploré la Lune, la prochaine étape logique est la planète rouge. Comme il s'agit d'une entreprise trop coûteuse pour n'importe quel pays, seule une mission internationale est envisageable. Un homme, Alberto Brumado, consacrera sa vie entière pour que ce rêve devienne réalité. Grâce à lui, ce sont 25 hommes et femmes qui s'envoleront vers Mars. Un voyage de neuf mois, pour huit semaines d'exploration.

Je suis très mitigé concernant ce roman. Comme je préfère terminer par les bons points, je vais commencer par ce qui ne m'a pas convaincu.

À commencer par les personnages. En dehors de Jamie Waterman, l'amérindien et personnage central de l'histoire, les autres ne sont que des seconds couteaux, pour la majorité résumés à un nom, une nationalité et une fonction. On ne nous épargne pas les clichés : le japonais est zen, les russes sont droits dans leur bottes, les américains sont plus cools... et niveau psychologie, c'est vraiment faible. Les rapports entre les membres d'équipages se résument le plus souvent à la jalousie professionnelle ou au sexe. Et franchement, tout ce qui concerne le sexe est écrit avec la balourdise d'un collégien. Jugez plutôt : Ilona la nymphomane couche avec tous les hommes de l'équipage, mais pas les russes car elle les déteste. Tony voudrait bien en faire autant avec les femmes, mais Joanna lui résiste. Il semblerait que la brésilienne n'ait d'yeux que pour Jamie. Tony doit trouver un plan pour semer la discorde entre les deux... Sérieusement, c'est digne d'une (mauvaise) sitcom. Heureusement, cela ne prend pas beaucoup de place dans le récit, mais ce peu est déjà de trop à mon goût

Quant au personnage principal, Jamie Waterman, je n'ai pas accroché non plus. Le fait qu'il soit considéré d'abord comme un navajo avant d'être américain, et tout le laïus sur le manque de reconnaissance des amérindiens, sur la crainte de la Vice-Présidente des USA que Jamie devienne un héros pour son peuple et menace sa réélection, blablabla... C'est de la politique americano-centrée qui m'a carrément soûlé. Ce n'est pas ce que j'ai envie de lire dans un bouquin qui s'appelle Mars ! Et cela prend beaucoup de place, contrairement aux fantasmes sexuels du médecin anglais. Et en dehors de ses origines, le seul point qui soit développé est son attirance pour la jolie Joanna et j'ai déjà dit ce que j'en pensais plus haut.

Par contre, toute la partie politique concernant la sélection de l'équipe, qui consiste à choisir les meilleurs candidats tout en ménageant la susceptibilité des différents pays participants à l'opération, je l'ai trouvée excellente. En fait, tout ce qui concerne Mars et la mission est passionnant. La préparation, l'entrainement, le voyage, l'exploration, les découvertes et les problèmes rencontrés. Tout est raconté de manière très réaliste. On s'y croirait et on se dit qu'au fond, cela pourrait ce passer comme cela. De plus, le roman a beau avoir déjà presque trente ans, il n'est pas encore daté scientifiquement. Le seul détail qui m'a rappelé que le texte était écrit en 1992 est la présence de pellicule dans les appareils photos, c'est dire.

Ce qui m'a plu dans Mars, c'est Mars et seulement Mars. Mais en soi, c'était suffisant pour m'avoir donné envie de lire jusqu'au bout, quitte à lire en diagonale quelques paragraphes de politique ou de fantasme de collégiens. Il est juste dommage de ne pas avoir de bons personnages auxquels s'attacher.

Ce roman, c'est comme faire un magnifique voyage en mauvaise compagnie : j'ai parcouru de splendides décors, mais je n'en ai pas profité autant que je l'aurais voulu.

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