La Bibliothèque de Loki

21 mai 2019

La Brigade chimérique - Serge Lehman, Fabrice Colin & Gess

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Quatrième de couverture :

Ils sont nés sur les champs de bataille de 14-18, dans le souffle des gaz et des armes à rayons X. Ils ont pris le contrôle des grandes capitales européennes. Par-delà le bien et le mal. Les feuilletonistes ont fait d’eux des icônes. Les scientifiques sont fascinés par leurs pouvoirs. Pourtant, au centre du vieux continent, une menace se profile, qui risque d’effacer jusqu’au souvenir de leur existence. .

Mon avis :

« Dans l'Europe en état de guerre civile larvaire, une nouvelle génération de surhommes travaille au contrôle des foules. À l'est, l'organisation qui se fait appeler "Nous Autres" ne se cache plus derrière le gouvernement des Soviets. Au sud, l'archimilliardaire Gog domine la Méditerranée. Mais c'est au centre que se dresse le plus grand ennemi de la liberté, le maître du crime légal et de l'hypnose de masse, MABUSE ! Ce nom seul fait trembler et gémir sur tout le continent... Sauf à Paris. Dans les salles secrètes de l'Institut du radium, la riposte se prépare. Réservez dès maintenant auprès de votre libraire La Brigade Chimérique contre Mabuse. »

Ce texte est une publicité d'époque que l'on pouvait lire à la fin du roman Les Pirates du radium, écrit par Georges Spad en 1934. Serge Lehman, 80 ans plus tard, s'en est inspiré pour écrire, en association avec Fabrice Colin, le scénario d'une bande dessinée. L'histoire est découpée en douze épisodes d'une vingtaine de pages chacun, comme les comics.

Les premiers super-héros américains sont les descendants des héros littéraires tels que Doc Savage ou The Shadow. En Europe, de tels héros ont existés, ils s'appelaient le Nyctalope, Félifax, Harry Dickson... Mais à la Libération, ils sont tombés dans l'oubli. Où sont passés les super-héros européens ? C'est pour répondre à cette question que Serge Lehman a écrit le scénario de la Brigade Chimérique, et également pour nous faire redécouvrir tout une période de la science-fiction. Grosso modo, celle qui s'étend des derniers romans de Jules Verne aux premiers de René Barjavel.

La démarche de Serge Lehman rappelle celle d'Alan Moore et sa Ligue des Gentlemen Extraordinaires. Lehman dépeint une Europe où les héros de la littérature coexistent et côtoient leurs créateurs. L'idée étant que ces derniers ne sont plus des romanciers, mais des biographes. On croise également de grandes figures historiques (Irène Joliot-Curie, Daladier...), des monstres, des extraterrestres, des robots géants, de la magie, des gadgets scientifiques... On pourrait craindre que de tout cela résulte un fourre-tout indigeste mais au contraire, l'univers est étonnamment cohérent et crédible.

La lecture n'est pas facile d'accès. Le rythme est assez lent, il y a beaucoup de textes, l'histoire est dense et ultra référencée. À ce propos, la trentaine de pages de notes concluant l'ouvrage est précieuse. Une vraie mine d'or donnant envie de découvrir un paquet d'œuvres (pour la plupart malheureusement difficiles à dénicher de nos jours, mais Serge Lehman indique parfois quand des rééditions récentes existent). Une lecture exigeante, donc, mais également passionnante. Personnellement, j'ai adoré. Le ton est sombre, le scénario et les personnages sont bien écrits. Visuellement, le trait de Gess est différent de ses Carmen Mc Callum. L'encrage est plus classique. Avec la colorisation de Céline Bessonneau, le rendu colle très bien à l'ambiance rétrofuriste.

La Brigade chimérique est une uchronie steampunk très réussie que je recommande chaudement à tous les amateurs de science-fiction.


19 mai 2019

Semailles humaines (The Seedling Stars) - James Blish

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Quatrième de couverture :

Dès sa petite enfance,Sweeny a souhaité être un humain et telle sera sa récompense s'il réussit dans sa mission : ramener sur Terre les Hommes Adaptés, ses frères de race.
Alors qu'il n'était encore qu'un fœtus en éprouvette, ces humanoïdes adaptés au froid et à la faible pesanteur se sont enfuis du dôme lunaire pour se réfugier sur Ganymède. Maintenant, leur chef, le Dr Rullman, a pour projet de coloniser les étoiles afin d'échapper définitivement à l'autorité terrestre.
Sur Ganymède, Sweeny pourra-t-il oublier l'éducation humaine qui lui a été inculquée et s'intégrer à ceux de sa race ? Pour cela, il lui faudrait renoncer à son rêve le plus cher...

Mon avis :

Semailles humaines est typiquement ce que j'aime dénicher quand je vais chez un bouquiniste : un livre dont je n'ai jamais entendu parler, écrit par un auteur que je ne connais pas, mais avec une quatrième de couverture prometteuse. Il y est question d'hommes génétiquement modifiés pour survivre sur des planètes inhabitables pour des humains normaux. Il s'agit du principe inverse de la terraformation. On modifie l'homme au lieu de la planète.

Le livre est un recueil de quatre nouvelles qui décrivent différentes étapes de la colonisation spatiale.

- 1/ Le Programme
Sweeny, dont le génome a été modifié pour s'adapter à la vie sur Ganymède, est chargé de se rendre sur le satellite de Jupiter afin d'y capturer une colonie de criminels.
Cette nouvelle nous explique le principe de la modification génétique (appelée pantropie), ainsi que ses avantages et inconvénients comparés à la terraformation. On y découvre également la situation sur Terre. Heureusement qu'il y a toutes ces informations intéressantes, parce que l'intrigue en elle-même est cousue de fil blanc.

- 2/ Tellura et 3/ Hydrot
Je regroupe ces deux nouvelles car bien qu'ayant des intrigues très différentes elles sont similaires sur le fond. Il s'agit de découvrir l'évolution de deux colonies d'hommes adaptés, dans des conditions de vie bien différentes. La cime des arbres sur Tellura, tandis que sur Hydrot, des hommes microscopiques vivent dans le fond de mares d'eau.
Deux histoires originales et exotiques. Hydrot m'a beaucoup plu, avec sa conquête très particulière de nouveaux espaces. Sur la fin, la nouvelle prend des airs de steampunk bien plaisant.

- 4/ Ligne de partage
Un vaisseau dont l'équipage est composé d'humains « normaux » et d'hommes adaptés est de retour sur une Terre qui a bien changée.
Un nouvelle très courte qui fait office d'épilogue au recueil avec une parabole sur le racisme plutôt bien vue.

Au final, je suis mitigé. James Blish développe des concepts intéressants, mais au-delà de cela, j'ai eu du mal à m'impliquer dans les intrigues. Est-ce dû au style plutôt aride, aux personnages sans saveur... Les deux sans doutes. Sur les quatre histoires, seule Hydrot m'a vraiment plu. Les trois autres sont intéressantes, mais « il leurs manque un truc ».

Pour les amateurs de SF, il s'agit d'une curiosité à découvrir malgré tout.

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16 mai 2019

Retour à Killybegs - Sorj Chalandon

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Quatrième de couverture :

Pendant des années, Tyrone a eu un rôle important au sein de l'IRA. Nationaliste avant tout, il a connu les prisons britanniques, la violence, la souffrance de voir son fils emprisonné à son tour, mais jamais il n'a plié. Un jour, pourtant, sa famille et ses amis découvrent qu'il a "trahi" et que pendant plus de 30 ans il a renseigné les britanniques... Tout le paradoxe irlandais entre fierté et désespoir se retrouve dans ce portrait poignant d'un homme qui un jour, a renoncé à ses idéaux...

Mon avis :

Tyrone Meehan est un vieil homme quand il revient à Killybegs, la ville de son enfance. En attendant la mort, il couche ses souvenirs sur le papier. Il raconte sa vie, en commençant par le portrait de son père, irlandais patriote jusqu'à l'âme, engagé dans la guerre civile contre l'envahisseur anglais et protestant. Dès l'adolescence, Tyrone suivra sur les traces de son père et s'engagera dans l'IRA.
Tyrone raconte tout : ses rencontres, ses faits d'arme... sa trahison.

Sorj Chalandon était (et est toujours) reporter avant d'être romancier. Il a écrit plusieurs reportages sur l'Irlande du nord et c'est à cette occasion qu'il a rencontré Denis Donaldson, membre de l'IRA et du Sinn Féin (Parti républicain irlandais). En 2008, Chalandon s'est inspiré de sa vie pour écrire Mon Traître. Trois ans plus tard, Retour à Killybegs raconte la même histoire du point de vue dudit traître.

Jusqu'au mois dernier, je n'avais jamais entendu parler de Sorj Chalandon. C'est une lecture commune qui m'aura fait découvrir l'auteur. Un belle découverte, je dois dire. Dès les premières lignes, j'ai été conquis par son écriture, très vivante. Du fait de ne pas avoir lu Mon Traitre, la question de savoir pourquoi et comment Tyrone en vient à trahir son camp, qu'il sert pourtant avec la plus grande et sincère des convictions, a ajouté beaucoup de suspens à l'histoire.

J'ai appris beaucoup sur l'Irlande du nord et l'IRA, sur la vie dans les ghettos catholiques, sur la culture et la mentalité d'un peuple, sur les relations, houleuses, entre les différentes communautés. Comme seul le point de vue irlandais est exposé, on a une vision tronquée des évènements, mais c'est un parti pris. On voit le monde comme le voit Tyrone, avec sa grille de lecture. C'est ce qui le rend attachant. Qu'on partage ou non ses convictions, on le comprend. On se sent concerné. C'est avec intérêt que j'ai suivi son évolution, de l'enfant idéaliste au vieillard désabusé.

Un roman prenant, émouvant... en un mot : passionnant.

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12 mai 2019

Le Journal de mon père (Chichi no koyomi) - Jirô Taniguchi

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Quatrième de couverture :

Moi qui n'étais pas revenu dans ma ville natale depuis plus de dix ans, je découvrais peu à peu des facettes de mon père qui m'étaient inconnues. Je prenais conscience du fossé que j'avais creusé pour échapper à tout dialogue avec lui.

Mon avis :

Depuis que Yoichi vit à Tokyo, il trouve tous les prétextes pour ne pas retourner à Tottori, son village natal. L'annonce de la mort de son père le forcera à y revenir' après quinze ans dabsence. Lors de la veillée, de nombreux souvenirs de la vie du défunt sont évoqués.

Le Journal de mon père est la première bande dessinée de Jirô Taniguchi que je lit, et je me demande pourquoi j'ai tant attendu pour découvrir cet auteur.

J'ai adoré.

L'histoire est simple. Il s'agit essentiellement d'une évocations de souvenirs, de retour sur une époque, le Japon d'après-guerre dans un petit village de campagne. Il n'y a pas de grands mystères, de grands destins tragiques,juste des vies ordinaires de gens ordinaires. Et pourtant, c'est prenant, car tellement touchant. Tout est affaire de sensibilité, de nuance.
J'ai trouvé les personnages très bien écrits. Leur actions, leurs sentiments, sonnent justes. Je me suis senti très proche de Yoichi.

L'auteur explique dans une post-face que si cette histoire est une fiction, il s'est servi de souvenirs personnels pour l'écrire. Il a grandi dans le village de Tottori qui sert de cadre au récit. J'imagine que cela a fortement contribué à ce sentiment de vérité qui transpire de chaque page.

Le dessin est réaliste. Les décors sont très détaillés mais toujours lisibles. La mise en page est sobre, comme il sied à ce type de récit. Les visages paraissent, au premier regard, assez peu expressifs (tout l'inverse d'un Tezuka, par exemple), et pourtant on ressent bien une large palette de sentiments. Comme pour l'histoire, le trait de Taniguchi est tout en nuances.

Un vrai coup de cœur.

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11 mai 2019

Le Blé en herbe - Colette

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Quatrième de couverture :

Comme tous les étés, Vinca, quinze ans, et Philippe, seize ans, passent leurs vacances ensemble en Bretagne. Cet été-là, leur amitié de toujours se transforme en amour grandissant et cette sensation nouvelle vient bousculer leur naïveté d'enfants. De la complicité et l'insouciance qui les unissaient, il ne reste plus que souffrance, incompréhension et trahison.
En luttant contre leurs sentiments confus, ils quittent peu à peu le monde de l'enfance et découvrent, amers, les tourments de l'adolescence.

Mon avis :

Vinca et Philippe passent toutes leurs vacances d'été ensemble en Bretagne. Les deux enfants, devenus adolescents, se découvrent un amour naissant.

Avant toute chose, je tiens à préciser que j'ai lu Le Blé en herbe dans le cadre d'une lecture commune. C'est important car sans cela, je ne le cacherais pas, je n'aurais sans doute jamais eu l'idée de le lire, tant l'histoire est loin de mes goûts littéraires habituels. Mais des fois, j'aime bien sortir de ma zone de confort et tenter. On est jamais à l'abri d'une bonne surprise après tout.

Bon, ce n'a pas été le cas. Je n'ai rien contre un peu de romance dans une histoire, mais quand l'histoire se résume à la romance, franchement, ça m'ennuie. Après, ce n'était pas non plus si terrible à lire. Le texte est court et très bien écrit. La plume est poétique, mais sans excès. Il y a une sensibilité qui colle parfaitement au sujet.
Simplement, je ne suis pas la cible. Le texte ne me parle pas.

Donc voilà, j'aurais essayé mais, sans surprise, je n'ai pas accroché.

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09 mai 2019

Roadmaster (From a Buick 8) - Stephen King

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Quatrième de couverture :

Un inconnu s'arrête dans une station-service perdue au fin fond de la Pennsylvanie, au volant d'une Buick "Roadmaster", un magnifique modèle des années 1950... qu'il abandonne là avant de disparaître. Alertée, la police vient examiner le véhicule, qui se révèle entièrement factice et composé de matériaux inconnus.
Vingt ans plus tard, la Buick est toujours entreposée dans un hangar de la police d'Etat, et rien n'a filtré des phénomènes surnaturels qui se produisent à son entour, et qu'elle semble provoquer. Un homme veut cependant savoir la vérité : Ned Wilcox, le fils du policier initialement chargé de l'enquête, mort depuis dans un mystérieux accident.
Et si rouvrir les portières de la mystérieuse automobile revenait à ouvrir les portes de l'horreur ?

Mon avis :

Curt Wilcox, flic de Pennsylvanie, est mort en service. Une mort bête – comme si il y en avait des intelligentes –, écrasé par un poivrot. Ned, son fils, passe tout son temps libre au commissariat où travaillait son père. Une façon comme une autre de vivre le deuil...
Un jour', il découvre une Buick Roadmaster des années 50 garée dans le hangar B, derrière le poste. Comme Ned l'interroge à ce sujet, le sergent Sandy Dearborn décide de lui raconter l'histoire de la Buick. Une histoire fascinante qui concerne également son père. Mais ce faisant, Sandy ouvre peut-être la boîte de Pandore...

J'ai grandi avec Stephen King et ses histoires m'ont rarement déçu. J'aime sa façon d'écrire. Comme à son habitude, il plante un décor ordinaire (en Pennsylvanie, cette fois, au lieu de son Maine habituel) et les personnages sont des hommes et des femmes tout aussi ordinaires. Il se crée une proximité, une empathie naturelle avec le lecteur, et l'apparition du surnaturel, progressive, devient crédible.

Toutefois, je me demandais si, cette fois, je n'allais pas trouver ce roman redondant, car au vu de la quatrième de couverture (un très laconique : « Des Buicks, il y en a partout... Celle-ci sera votre pire cauchemar. ») je pensais trouver une sorte de remake de Christine... et bien pas du tout. L'histoire part dans une direction totalement différente. J'ai été agréablement surpris ! Sans rien dévoiler de l'intrigue, je peux dire que la Buick Roadmaster de ce roman n'a pas grand chose de commun avec la Plymouth Fury de Christine.

Les personnages sont attachants et l'histoire, racontée sous la forme d'un long flashback, est prenante. J'ai eu du mal à lâcher le livre, j'avais toujours envie de lire un chapitre de plus. La magie "King" a fonctionné une fois de plus.

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06 mai 2019

L'Affaire Pélican (The Pelican Brief) - John Grisham

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Quatrième de couverture :

Il est six heures moins dix. Un flash spécial de la NBC plonge l'Amérique dans la stupeur. Sans cravate, en cardigan marron, le président des États-Unis vient d'annoncer la mort de Jensen et de Rosenberg, les deux plus hauts magistrats de la Cour suprême.
La disparition, à quelques heures d'intervalle, de ces deux figures légendaires, ne peut être le fait d'une coïncidence. Or ni la CIA ni le FBI, qui ne disposent pas du moindre indice, ne savent par où commencer l'enquête.
Seule l'intuition de Darby Shaw, brillante et opiniâtre étudiante en droit, permet d'établir un lien fragile entre les deux assassinats. Dès lors, avec l'aide d'un journaliste du "Washington Post", elle défie un ennemi invisible aux moyens illimités, un gouvernement soucieux d'étouffer l'affaire, et des tueurs prêts à la liquider au premier faux pas.

Mon avis :

La Maison Blanche est en ébullition. Deux magistrats de la cour suprême sont assassinés le même jour. Sans indice, le FBI et la CIA n'ont aucune piste. À l'université Tulane de la Nouvelle-Orléans, Darby Shaw, étudiante en droit, se passionne pour l'affaire. Elle s'enferme plusieurs jours pour élaborer une théorie qu'elle couche sur papier. Elle ne le sait pas encore, mais elle vient de se faire de très dangereux ennemis...

J'ai eu beaucoup de mal avec le traitement du personnage principal. John Grisham saute sur la moindre occasion pour nous rappeler la beauté de son héroïne au point que ça en devienne lourd. C'est simple, tous les hommes qui rencontrent ou voient la photo de Darby Shaw font un commentaire sur son physique, quand ils n'essaient pas de la draguer. C'est paradoxal d'avoir un personnage central de femme forte et, à côté de ça, tant de machisme qui transpire du texte. C'est tellement agaçant que cela m'a empêché d'apprécier pleinement l'histoire.

Car sinon, l'Affaire Pélican est un thriller politique plutôt correct. Il contient son lot de révélations mais souffre de quelques problèmes de rythme. À partir de la moitié, on voit très bien comment tout cela va se terminer. C'est dommage car il y a de bons ingrédients. Le fonctionnement des services secrets est décrit de manière plausible, avec des agents gouvernementaux compétents, mais pas infaillibles. Le personnage de Voyles, patron du FBI, est particulièrement bien écrit. J'ai bien aimé également le traitement du journalisme, du monde politique et de la justice.

C'est le premier roman de John Grisham que je lis et, si c'est l'un des plus connus, j'espère que ce n'est pas le meilleur, car il ne m'a que moyennement convaincu.

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28 avril 2019

De bonnes raisons de mourir - Morgan Audic

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Quatrième de couverture :

Un cadavre atrocement mutilé suspendu à la façade d'un bâtiment.
Une ancienne ville soviétique envoûtante et terrifiante.
Deux enquêteurs, aux motivations divergentes, face à un tueur fou qui signe ses crimes d'une hirondelle empaillée.
Et l'ombre d'un double meurtre perpétré en 1986, la nuit où la centrale de Tchernobyl a explosé...

Mon avis :

Lors d'une visite touristique à Prypiat, en Ukraine, un cadavre est découvert, suspendu à la façade d'un immeuble, à la vue de tous. Le Capitaine Melnyk, aidé de la jeune officier Novak, sont chargés de l'affaire. La victime s'appelle Leonid Sokolov, et fait troublant, sa mère a été assassinée trente ans plus tôt, dans la même ville, la nuit-même de l'explosion de la centrale de Tchernobyl.
De l'autre côté de la frontière, à Moscou, le policier Rybalko est engagé par Vektor Sokolov, riche homme d'affaire et père de Leonid, pour enquêter à titre privé sur le meurtre de son fils. Vektor est convaincu que l'assassin est le même que celui de sa femme, et il veut que Rybalko le trouve... et le tue.

Tchernobyl est un nom qui a de quoi faire frissonner. Quand on y réfléchit bien, c'est le décor parfait pour un thriller. Le drame est connue de tous, le spectre de la radioactivité est une menace invisible constante, et il y a assez de zones d'ombre pour laisser place à l'imagination. Morgan Audic semble s'être bien documenté sur la région et son histoire depuis la catastrophe jusqu'à nos jours. Le plus édifiant est sans doute la façon dont la population locale a appris à vivre avec la radioactivité.

La région de Tchernobyl a des allures de post-apo avec ses ruines, sa végétation erratique, sa poussière et sa rouille. Un décor fantomatique mais pas sans vie. Les bêtes sauvages y pullulent, faute de prédateurs, et, malgré les radiations, des natifs de la région reviennent s'y installer en petits groupes. Il y a également les patrouilles de l'armée et les fameux Stalkers, terme rendu célèbre par le roman des frères Strougatski, et par les jeux vidéo, désignant les gens qui explorent la région à la recherche de sensations fortes ou, plus banalement, pour du trafic.
Un décor parfait, donc, presque fantastique, voire mystique, et pourtant bien réel.

L'enquête est très prenante. Le fait d'avoir deux enquêteurs aux méthodes et aux objectifs différents, travaillant chacun de leur côté, est un ressort classique, mais éprouvé, pour gérer efficacement le rythme et le suspens. Les révélations de fin de chapitre donnent envie d'en lire toujours un de plus et, comme ceux-ci sont courts, on ne se fait pas prier... C'est le genre de bouquin qu'on ne lâche pas facilement !
Il y a de l'action et quelques scènes chocs. Les cœurs sensibles feraient bien de s'accrocher. Vous saurez tout ce que vous vouliez savoir (ou préfèreriez ignorer) sur les effets de la radioactivité sur l'homme.

Je remercies Babelio et les éditions Albin Michel pour m'avoir permis de lire ce roman avant sa sortie en librairie. J'ai adoré.

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24 avril 2019

La Chute d'Atlantis (The Fall of Atlantis) - Marion Zimmer Bradley

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Quatrième de couverture :

Atlantis, le royaume de la mer, est régi par un système de castes, dans lequel chacun trouve sa place. La belle Domaris, fille aînée du grand prêtre Talkannon, a choisi de devenir une « initiée » ; sous la férule du sage Rajasta, prêtre de la Lumière, elle devra donc apprendre les arcanes de la magie pour le bien de tous. La fougeuse Déoris, sa cadette, s'apprête à suivre la même voie. Mais l'arrivée du prince atlante Micon, mutilé par les tuniques noires — des prêtres qui pratiquent la sorcellerie, contrairement au code d'Atlantis — , va totalement boulverser leur existence. Domaris va s'éprendre de Micon ; quant à Déoris, elle va se laisser séduire par l'adepte Rivéda, qui hésite entre la lumière et les ténèbres et que seul l'amour pourrait sauver.
Dans le cycle éternel des réincarnations, ce sont leurs vies futures qui vont se décider. Le sort de leur patrie, le royaume marin d'Atlantis, en dépend aussi. Peut-être même le sort de l'humanité.

Mon avis :

La Chute d'Atlantis nous raconte les destins croisés de Domaris et Déoris, les deux filles du grand prêtre Talkannon. Un homme va bouleverser la vie de chacune : Micon, le prince Atlante, et Rivéda, grand-maître du temple des tuniques grises.

L'histoire se déroule, je pense, dans un passé mythique de la terre, mais comme il n'est question que de provinces et de peuples fictifs, cela pourrait être un monde imaginaire que cela n'y changerait rien.
Après avoir terminé ce livre, je ne peux m'empêcher un sentiment de tromperie sur la marchandise. Si on parle régulièrement d'Atlantis, on ne la voie que très peu, et sa chute n'est pas du tout le sujet... Enfin pas vraiment, ou si peu. Je ne sais pas quoi penser. La fin et la quatrième de couverture semble suggérer que le destin d'AtlantIs, voire même du monde, s'est joué dans ces pages. Mais en quoi ? Je ne vois pas en quoi ce qui arrive aux deux sœurs aurait quelque chose à voir avec cet évènement.
J'ai du mal à comprendre ce qu'a voulu raconter Marion Zimmer Bradley. J'ai l'impression d'être passé à côté de quelque chose.

Franchement, cela m'a beaucoup gêné. On nous parle régulièrement de destins, d'avenirs, mais je n'ai pas compris les enjeux. Le ton est beaucoup trop dramatique et grandiloquent à mon goùt. On dirait que les personnages passent la moitié du temps à pleurer de tristesse, de joie, de colère, de désespoir... Cela n'a rien de naturel.
Le point le plus intéressant de l'histoire est la recherche des tuniques noires, ces mages pratiquant une sorcellerie interdite. Malheureusement, pendant plus de la moitié du roman, elle se déroule hors champs, l'autrice préférant développer l'histoire d'amour tragique de Domaris et de Micon. Et la romance n'est pas vraiment ce qui m'intéresse le plus.

Le texte baigne dans une ambiance mystique et ésotérique. Toute la vie des personnages est consacrée aux devoirs envers leurs cultes. Les rituels religieux et l'organisation du temple sont décrits dans le détail, mais le reste du monde est traité de façon abstraite. Les personnages vivent tellement en vase clos qu'on ne saura jamais à quoi ressemble le monde extérieur. C'est dommage.

Pour finir sur une meilleure note, je dois reconnaitre que le texte est très bien écrit et que les personnages sont bien construits. Le monde décrit est cohérent, et c'est d'autant plus frustrant qu'on ne nous en montre pas plus. J'ai aimé également le traitement de la magie, et la description des différents cultes et rituels. Une ambiance lourde, pleine de mystères, très bien rendue.

Mais tout ces points positifs ne sont pas suffisant. J'ai trouvé l'histoire ennuyeuse et les cinq cent pages m'ont semblé interminables.

21 avril 2019

Murena, tome 8 : Revanche des cendres - Jean Dufaux & Philippe Delaby

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Quatrième de couverture :

"L'incendie prévint tous les remèdes par la rapidité du mal, et par toutes les facilités qu'y donnaient des massifs énormes de maisons, des rues étroites, irrégulières et tortueuses, comme celles de l'ancienne Rome.
Et personne n'osait résister au fléau."
Tacite - Annales, Livre XV.

Mon avis :

« L'incendie qui ravagea Rome en ce mois de Juillet 64 dura 6 jours et 7 nuits. La pourpre fit fondre l'or... »

Rome brûle, et comme je m'y attendais, pas de « Quallis artifex pereo ! » On assiste à la chute et à la renaissance de la cité. Si certains s'attèlent à la reconstruction, d'autres cherchent des coupables. Et quels meilleurs boucs-émissaires que les membres de cette petite secte juive venu s'installer depuis peu : les chrétiens ?

Ce tome, qui clôt le second cycle de de la série, est un final flamboyant, c'est le moins que l'on puisse dire. L'histoire de Murena trouve aussi une belle conclusion, au point que je me demande pourquoi avoir donné son nom à la série. Car le règne de Néron n'est pas terminé, et les albums suivants le raconteront, mais je me demande bien quelle sera la place de Murena là dedans.

Des questions qui resteront sans réponses pour quelques temps, car comme après le tome 4, je vais faire une pause dans cette série.

Pour le moment, le bilan est sans appel. La qualité est constante, aucun album n'est inférieur aux autres. Le dessin et la colorisation traditionnelle sont magnifiques et le scénario, très documenté, est un régal à suivre. Les personnages sont riches et vivants.

Une réussite !

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