La Bibliothèque de Loki

24 mars 2019

Contes de l'absurde - Pierre Boulle

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Quatrième de couverture :

Un tortionnaire torturé par l'Enfer de Dante, des êtres venus du passé et du futur qui se rencontrent dans un célèbre café de Montparnasse, un sonnet qui renaît de ses cendres, deux scientifiques enthousiastes qui ne réussissent qu'a intervertir le pôle et l'équateur... Autant de personnages hors du commun, autant de clins d'œil à des auteurs aussi prestigieux que Wells, Poe et Swift. Ces contes où absurde rime avec humour nous plongent dans un univers fantastique qui surprend, ravit, jusqu'à remettre en question toutes nos certitudes.

Mon avis :

De Pierre Boulle, je n'avais lu que la Planète des singes, que je considère comme un roman majeur de la science-fiction. C'est donc avec curiosité que je part à la découverte du reste de son œuvre. Contes de l'absurde est un recueil de cinq nouvelles.

Au sommaire :
- L'Hallucination : Un militaire subit une hallucination pendant que ses hommes torturent un prisonnier.
- Une Nuit interminable : Oscar Vincent raconte sa rencontre avec deux voyageurs du temps, l'un venant du passé, l'autre du futur.
- Le Poids d'un sonnet : À partir des cendres d'une feuille calcinée, deux amis cherchent à reconstituer un sonnet disparu.
- Le Règne des sages : Dans le futur, le docteur Particule et le docteur Armonique, respectivement chefs des Corpusculaires et des Ondulatoires, changent le destin du monde.
- Le Parfait robot : Le professeur Fontaine, de la C.C.E. (Compagnie des Cerveaux Électronique) perce le secret de l’intelligence artificielle.

Très franchement, je n'ai pas été emballé par ces textes.
Je n'ai pas compris la première. La seconde, comme souvent avec les histoires de voyage dans le temps, repose sur un twist final, mais celui-ci est incohérent avec la logique développée dans le texte. La troisième et la dernière nouvelle partagent le même défaut : un développement laborieux et répétitif pour un final décevant.
Seul "Le Règne des sages" sort du lot, sans être inoubliable non plus.

Reste que les textes sont bien écrits, faciles à lire, avec beaucoup d'humour. Mais aussitôt lu, aussitôt oublié.

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23 mars 2019

Le Rayon vert - Jules Verne

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Quatrième de couverture :

Parfois, au moment de disparaitre dans les flots, le soleil lance sur l'océan une ultime et brève fulgurance : ce fameux rayon vert qui, d'après une légende écossaise, confère à ceux dont il a frappé les yeux le pouvoir de voir clair dans les sentiments et les cœurs.
Alors que ses deux oncles et tuteurs, Sam et Sib Melvill, se proposent de la marier à un jeune savant de leurs relations, Aristobulus Ursiclos, la jeune Helena Campbell émet le souhait de contempler le rayon vert. Comment lui refuser ce voyage au cours duquel, espèrent-ils, elle se laissera convaincre d'accepter l'époux qu'on lui propose ? Ce qu'ils ne prévoient pas, c'est qu'un jeune artiste-peintre, Olivier Sinclair, va bouleverser tous leurs plans.

Mon avis :

Au cottage d'Helensburgh, en Écosse, la jeune orpheline Helena Campbell est élevée par ses deux oncles, Sam et Sib Melvill. Alors que la jeune fille va avoir dix-huit ans, Sam et Sib jugent qu'il est grand temps qu'elle se marie et ils pensent lui avoir trouvé un bon parti en la personne du savant Aristobulus Ursiclos. Mais Helena ne veut pas entendre parler de mariage. Du moins, pas avant d'avoir vu le rayon vert qui, selon une légende des highlands, donne à ceux qui le voient le pouvoir de lire dans les cœurs.

Le rayon vert est un phénomène optique et météoroligique, au même titre que les arcs-en-ciel et les aurores boréales, par exemple, mais assez rares et plus difficiles à observer puisqu'il nécessite des conditions bien particulières pour apparaître.
Mais le rayon vert est surtout, pour Jules Verne, un prétexte à nous emmener en voyage à la découverte des côtes écossaises.

On retrouve dans le roman les ingrédients d'une bonne histoire vernienne : des personnages attachants, une intrigue simple, mais agréable à suivre, ponctuée de péripéties plus ou moins mouvementées, des anecdotes historiques et géographiques sur les lieux traversés... Peu de surprises, mais si on aime l'auteur, c'est très plaisant.

Surprenant tout de même, le traitement du seul personnage scientifique de l'histoire. D'ordinaire dans l'œuvre de l'auteur, les savants sont tenu en haute estime, mais pas cette fois. Aristobulus Ursiclos est un savant ridicule, étalant sa science et sa culture avec un pédantisme irritant, tout le contraire des personnages principaux. Miss Campbell croient aux légendes et aux lutins, Sinclair voient le monde avec son âme d'artiste et les frères Sam et Sib vénèrent les poètes écossais. On comprend sans peine que l'esprit cartésien et sans imagination d'Ursiclos n'a pas sa place dans ce groupe.

Bref, le Rayon vert est un petit roman sans prétention mais qui m'a fait passer un agréable moment de lecture.

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22 mars 2019

Sinouhé l'Égyptien (Sinuhe egyptiläinen) - Mika Waltari

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Quatrième de couverture :

Au quatorzième siècle avant Jésus-Christ, voici l'extraordinaire Sinouhé. Nous l'accompagnons dans les ruelles de Thèbes, la ville dissolue, chez la terrible courtisane Nefernefer qui le ruine, dans le temple d'Amon parmi les prêtres, chez le pharaon dont il est le médecin, chez les embaumeurs parmi les cadavres, à la guerre contre les Hittites, en Crète dans le labyrinthe du Minotaure où il cherche une jeune vierge... Luttes religieuses du temps d'Akhenaton, crimes, amours, ambitions, intrigues... Sinouhé, las des dieux et dégoûté des hommes, se mêle à la plèbe et prêche l'égalité, ce qui lui vaut de nouveau malheurs.

Mon avis :

XIVe siècle av. J.C. Au soir de sa vie, Sinouhé décide d'en faire le récit, depuis la nuit où, encore bébé, il est trouvé dans un panier flottant sur le Nil par Senmout, médecin des pauvres, et sa femme Kipa. Le couple, qui est stérile, décide de l'élever comme leur propre fils et le nomme Sinouhé, un nom tiré d'une ancienne légende thébaine.
Sa vie sera longue et bien remplie. Devenu médecin, Il soignera aussi bien les pauvres et les proscrits que les nobles et il fréquentera les cours des rois. Ses pas le mèneront de Thèbes à Babylone, en passant par la Syrie et la Crète.
Le roman de Waltari est un panorama complet de l'Égypte sous le règne d'Amenhotep IV, plus connu sous le nom d'Akhenaton, et des pays environnants.

Je connais très mal l'histoire égyptienne. Je savais que le pharaon Akhenaton est resté célèbre pour avoir instaurer le culte du dieu unique Aton et qu'il s'agit très probablement de la religion monothéiste la plus ancienne de l'humanité, mais c'était à peu près tout. J'ignorais par exemple que Néfertiti était son épouse. Ce roman est une façon très agréable d'apprendre tout cela, et tellement plus encore.
J'ai trouvé passionnant de découvrir la vie des différents peuples de la haute antiquité, dans toutes les couches de la société, les différentes techniques de médecines, les modes vestimentaires, les cultes religieux, les tactiques militaires... D'après ce que j'ai cru comprendre après m'être rapidement renseigné sur l'auteur, le travail de Mika Waltari a été salué par les égyptologues pour son sérieux et cela se ressent à la lecture.

Mais Sinouhé l'égyptien est aussi un roman d'aventure. Bien qu'étant un intellectuel, la vie de Sinouhé est pleine de péripéties. Les occasions de de réjouir pour lui ou de craindre pour sa vie son fréquentes... même s'il est vrai que les secondes sont bien plus nombreuses que les premières.
Parmi les rencontres de Sinouhé, les femmes jouent un rôle important. Que ce soit la vénéneuse Nefernefernefer, l'indomptable Minéa ou la sereine Merit, chacune est unique et marque le roman de son empreinte. Mais le personnage que j'ai le plus aimé est un homme, l'esclave Kaptah, fidèle serviteur au bagout inimitable, tantôt méprisable, tantôt attachant. Comme Sinouhé, j'ai autant eu envie de le serrer dans mes bras que de lui donner des coups de canne. Le genre de personnage qu'on oublie pas de sitôt.

L'écriture de Mika Waltari est particulière et mérite que je m'y attarde un peu, bien que je ne sache pas si je vais trouver les mots juste pour le décrire. L'auteur emploie des phrases longues et elles sont parsemées d'expressions qui reviennent régulièrement. "Tes paroles sonnent comme un bourdonnement de mouches à mes oreilles", est souvent répété dans les dialogues, pour donner un exemple. Et beaucoup de personnages sont liés à des formules toutes faites : Merit est "née dans une taverne" ; Horemheb est né "avec du fumier entre les orteils"... Ces répétitions donnent une certaine couleur à l'histoire. Une sorte de musique qui, à mes oreilles, ajoute de l'authenticité.

Si l'écriture ajoute du réalisme, cela se fait au détriment du rythme. J'ai aimé l'histoire, mais j'ai quand même ressenti certaines longueurs. Toutefois, le sentiment d'avoir lu une œuvre passionnante domine et je la recommande chaudement aux amateurs de romans historiques.

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13 mars 2019

Les Annales du Disque-Monde, tome 17 : Les Tribulations d'un mage en Aurient (Interesting times) - Terry Pratchett

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Quatrième de couverture :

L'Université de l'Invisible a reçu un message de la plus haute importance venu d'Aurient : l'empereur de la Cité interdite demande un mage, ou plutôt le « Grand Maje ». Chez les Hong, au pays de la Grande Muraille, c'est en effet la zizanie suite à la parution d'un petit livre rouge : Ce que j'ai fait pendant mes vacances. Et le seul vers qui l'on peut se tourner à Ankh-Morpork, c'est bien entendu le roi de la poisse, Rincevent. A la tête de l'armée Rouge, il devra bientôt affronter Cohen le Barbare (un mètre cinquante avec des semelles) et sa Horde d'Argent (80 ans de moyenne d'âge) bien décidés à faire un casse...
Rincevent, qui ne rêvait que de tranquillité après toutes ses mésaventures, va finalement devenir un héros !
Peut-être...

Mon avis :

Ankh-Morpork reçoit un étrange message en provenance de l'Empire Agatéen, situé à l'autre bout du disque : « Envoyez-nous tout de suite le grand maje. » L'Archichancelier Ridculle, de l'Université Invisible, décide d'y envoyer le seul "maje" à orthographier ce mot ainsi : Rincevent.

Cela faisait un bail que nous n'avions plus de nouvelle de Rincevent. Depuis le tome 9 : Éric, pour être précis. Rincevent, le mage raté, l'expert en fuite, le polyglotte* à la lâcheté proverbiale et au cynisme à toute épreuve, m'avait manqué !

Ses tribulations l'emmènent du côté de l'Empire Agatéen, un pays d'inspiration chinoise, avec un soupçon de Japon (ninjas, samouraïs...). L'Asie, voilà un thème qui me plait bien. Contrairement à la musique du tome précédent, j'ai pu cette fois saisir de nombreuses références : l'Art de la guerre de Sun Tzu, le petit livre rouge de Mao, Gengis Khan, le parquet rossignol, l'armée de terre cuite de l'empereur Qin... Quant au titre, il parodie le célèbre roman de Jules Verne : Les Tribulations d'un Chinois en Chine. Mais là il faut féliciter l'excellent travail du traducteur Patrick Couton. Si le titre original (Interesting Times) cache une référence, elle m'aura échappé.

Pour en revenir à l'histoire, Rincevent se retrouve une fois de plus au mauvais endroit, au mauvais moment, coincé entre une guerre de succession, une armée rebelle et, ô joie : une horde barbare. Pourquoi ô joie ? Mais parce que qui dit barbare, dit Cohen ! Lui aussi, cela faisait un bail qu'on ne l'avait pas vu. Ses nombreux fans seront ravi de savoir qu'il joue un très grand rôle dans l'histoire, avec autant, sinon plus, de temps d'apparition que Rincevent. Cohen le barbare est à la tête d'une horde... mémorable, qu'il a réuni pour le casse du siècle. Tout un programme !

Sinon, je me répète à chaque critique, mais c'est toujours aussi bien écrit. L'humour à la Monty Python, mêlant comique de situation et satire intelligente, fait mouche une fois encore. J'ai bien ri et je n'ai pas vu les pages passer.

Un excellent cru !


* Rincevent a un réel don pour les langues qui lui permet de crier « Ne me tuez pas ! » et de se faire comprendre dans une centaine de pays différents.

10 mars 2019

Les Tribulations d'un Chinois en Chine - Jules Verne

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Quatrième de couverture :

Le richissime Chinois Kin-Fo vient de se trouver soudainement ruiné. La vie, qui lui paraissait jusqu’alors insipide, lui devient insupportable. Il contracte une assurance-vie de 200 000 dollars en faveur de sa fiancée, Lé-ou, et du philosophe Wang, son mentor et ami, à qui il demande de le tuer dans un délai de deux mois, tout en lui remettant une lettre qui l’innocentera de ce meurtre.
Avant le délai imparti, Kin-Fo recouvre sa fortune, doublée. Il n’est plus question pour lui de renoncer à la vie. Mais Wang a disparu avec la lettre et il n’est pas homme à rompre une promesse ! Voilà donc Kin-Fo condamné à mort, par ses propres soins ! Une seule ressource : retrouver Wang. Et Kin-Fo de se lancer dans le plus haletant des périples au pays du Céleste Empire.

Mon avis :

Kin-Fo est jeune, beau et en bonne santé ; Kin-Fo doit se marier bientôt et Lé-ou, sa future épouse, est belle, aimable et aimante ; Kin-fo est riche... mais il n'est pas heureux. D'après Wang, son ami philosophe, il ne connait pas le bonheur car il n'a jamais connu le malheur.
Mais Kin-Fo apprend qu'il est ruiné. Comment supporter une vie misérable alors même qu'il trouvait la fortune ennuyeuse ? Sa décision est prise, il mettra fin à ses jours. Il contracte une assurance-vie de 200 000 dollars en faveur de sa fiancée et demande à son ami Wang de le tuer à l'heure et à l'endroit de son choix, dans les deux mois à venir. Il lui remet même une lettre l'innocentant de son crime. Kin-Fo espère ainsi connaître une émotion au moins une fois dans sa vie. Ne serait-ce qu'un petit frisson...

Contrairement à ce que l'accroche de cette critique peut laisser penser, ce roman de Jules Verne ne manque pas d'humour. Kin-Fo nous apparait de prime abord comme un héros apathique, mais il s'humanisera au fil de son aventure, et il est accompagné par Soun, son serviteur loyal, mais gaffeur et poltron. Kin-Fo sera également flanqué de Craig et Fry, les deux agents de la maison d'assurance. Deux jumeaux qui ont une manie : quand l'un commence une phrase, l'autre la termine. La ressemblance avec le duo célèbre d'Hergé est troublante, mais contrairement aux Dupond et Dupont, Craig et Fry sont d'une compétence irréprochable.

Le roman est court, et pourtant une bonne centaine de pages, soit presque la moitié, se passe avant que l'histoire ne démarre véritablement. Toutefois, le début reste plaisant grâce à son humour et ses nombreuses anecdotes géographiques et historiques. La seconde partie est riche en péripéties typiquement verniennes et le rythme est plus enlevé.

J'ai un faible pour Jules Verne alors, même si je lui reconnais quelques défauts, j'adore ce roman. J'ai beau l'avoir relu une demie douzaine de fois, la découverte de la Chine en compagnie de mon auteur favori, et illustré par les splendides gravures de Benett, est toujours un plaisir.

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08 mars 2019

Les Murailles de Feu (Gates of Fire) - Steven Pressfield

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Quatrième de couverture :

480 avant J.-C. Les armées de l'Empire Perse, conduites par le roi Xersès, traversent l'Hellespont, actuel détroit des Dardanelles. Leur but : envahir la Grèce, l'ennemi de toujours, et asservir son peuple. Près de deux cent milles hommes s'apprêtent ainsi à déferler sur Sparte.
La nouvelle sème l'effroi : l'armée perse est dix fois plus puissante que celle des Grecs. Pour retarder son approche, le roi Léonidas dépêche trois cents soldats. Dans le défilé des Thermopyles, surplombant à pic la mer Égée, ils vont écrire l'une des pages les plus sanglantes et les plus héroïques de l'histoire antique.
Racontée par un survivant, c'est cette bataille – et, au-delà, toute l'histoire et la vie quotidienne de Sparte – que fait revivre Steven Pressfield dans ce roman « traversé par un formidable souffle d'authenticité » (The New York Times).

Mon avis :

La bataille des Thermopyles ne vous évoque peut-être rien, mais je suis presque sûr que si je dis 300, vous penserez au comic de Frank Miller, ou au moins à son adaptation cinématographique par Zack Snyder. Toujours pas ? Et si je crie : THIS IS SPARTAAAA !!!
Ça y est, vous y êtes ?

Alors le roman de Steven Pressfield n'a pas de rapport direct avec le comic. Mais il raconte la même bataille, et pas seulement. Le narrateur, Xéon, est un soldat grec retrouvé mourant après l'affrontement par l'armée perse. Soigné par les médecins de Xersès, il est sommé de raconter son histoire au roi des rois. Xéon, qui n'est pas spartiate, raconte comment un simple enfant de paysan messénien en est arrivé à servir la cité de Léonidas et à combattre à ses côtés aux Thermopyles – les Murailles de Feu –, un goulet d'étranglement naturel où une poignée de grecs affronteront une armée perse, innombrable, des centaines de fois plus nombreuse qu'eux.

En choisissant un narrateur étranger à la cité, Steven Pressfield nous fait découvrir Sparte par ses yeux. On comprend d'autant mieux ce qui les distingue des autres peuples grecs. De plus, Xéon n'est qu'un simple serviteur, il raconte l'Histoire avec un grand H du point de vue de l'homme ordinaire. La première moitié du roman présente les différents acteurs de la bataille à venir et on finit immanquablement par s'y attacher. L'auteur a un style très plaisant à lire et les chapitres s'enchaînent rapidement.

Quant à la bataille, on la connait, et on sait comment elle se termine (et si vous ne savez pas, ce n'est pas moi qui vous gâcherais le plaisir de la découverte), mais cela n'enlève rien à la beauté de l'histoire. C'est le point d'orgue du roman, le passage attendu et qui ne déçoit pas. Les combats sont décrits de l'intérieur. Cela sent la transpiration, l’urine, la poussière et le sang. On ressent la fatigue et la douleur comme si on y était. Chaque spartiate qui tombe est vécu comme une tragédie. C'est éprouvant... mais qu'est-ce que c'est bon ! Franchement, j'ai rarement autant pris mon pied qu'en lisant ces chapitres.

Les Murailles de Feu est un excellent roman, qui m'a fait redécouvrir l'une des bataille les plus épique de l'histoire. Je vous le recommande chaudement !

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04 mars 2019

Theodore Sturgeon, le plus qu'auteur - Éditions ActuSF

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Quatrième de couverture :

Des interviews (Noël Sturgeon, Bertrand Tavernier, Christian de Chalonge, Laurent Heynemann...), des essais (Marianne Leconte, Jeanne-A Debats, Tristan Garcia, Jo Walton, Thomas F. Monteleone, Fabrice Defferrard...) ainsi que des archives inédites pour tout apprendre de l'auteur de Cristal qui songe et Les plus qu'humains.

Mon avis :

Theodore Sturgeon : le plus qu'auteur est un mook (magazine-livre vendu en librairie) consacré à un auteur de science-fiction ayant eu une grande influence dans la littérature de genre, mais pas seulement, et pourtant assez méconnu du grand public. C'est en tout cas ainsi que Sturgeon est présenté dans cet ouvrage, et cela correspond assez avec mon expérience. De lui, je n'ai lu que son roman le plus célèbre : Les Plus qu'humains, tandis que Cristal qui songe attend bien sagement sur une de mes étagères que je me décide à le lire un jour.
Les interviews et articles sont richement illustrés de photos, couvertures et affiches originales... La maquette est claire et flatte la rétine. Bref, c'est un bel objet.

Le livre s'ouvre sur l'interview de la fille de l'auteur, Noël Sturgeon. Sans conteste l'entretien qui m'a le plus plu. On y découvre l'auteur dans le privé, sa relation avec sa famille, avec le milieu littéraire, sa façon de travailler... On se rend compte également de la grande influence de sa vie personnelle sur son écriture. Tout cela est très intéressant.

Vient ensuite un article signé de l'éditrice et autrice Marianne Leconte. Ce texte a été écrit à l'origine pour le Livre d'or consacré à Theodore Sturgeon (Pocket, 1978). Il s'agit d'une courte biographie de l'auteur, suivie d'une analyse de son œuvre. Marianne Leconte décrit les grandes thématiques abordées par Théodore Sturgeon, dans ses principaux romans comme dans ses nouvelles les plus obscures. Le moins que je puisse dire est que son enthousiasme pour le romancier est communicatif. Son article remplit brillamment le double objectif de me faire découvrir l'auteur tout en me donnant envie de lire ses écrits.

Cet article et l'interview de Noël Sturgeon sont très complémentaires et sont clairement ce que j'ai préféré dans ce livre. La suite est plus inégale. On a de l'anecdotique, mais drôle, avec un court article de Tom Monteleone. Quant à l'interview de Philippe Hupp, elle permet de se rendre compte de la popularité de Sturgeon en France dans les années 70.

L'article sur Star Trek m'a laissé froid, par contre. Est-ce parce que je n'ai jamais été un fan de cette série, mais le fait que Sturgeon ait écrit le scénario de deux épisodes ne me parait pas spécialement digne d'intérêt. Ah, si, il y a une chose que j'ai retenue : D'après Leonard Nimoy, l'interprète de Spock, Theodore Sturgeon serait l'auteur de la célèbre formule qui accompagne le salut vulcain : « Live long and prosper. » (Longue vie et prospérité). Comme cette anecdote avait déjà été donnée par Noël Sturgeon dans son interview... et qu'elle sera de nouveau rappelée dans une citation en fin d'ouvrage, j'en déduit que cela doit être important.

Suivent trois interviews de réalisateurs français : Bertrand Tavernier, qui a souhaité un temps tourner un film sur Les Plus qu'humains, mais le projet n'aboutit pas, et de Christian de Chalonge et Laurent Heynemann, qui ont chacun adapté une nouvelle de Sturgeon pour la télévision. Ces interviews ne sont pas inintéressantes mais le fait qu'on leur pose globalement les mêmes questions auxquelles ils donnent globalement les mêmes réponses provoque un désagréable sentiment de répétition. En effet, ces trois réalisateurs sont issus du même milieu et portent le même regard sur l'auteur et sur la science-fiction. Il aurait été bien plus judicieux de les interviewer ensemble.

Tant que je suis dans les doléances, le livre contient plusieurs lettres de Sturgeon, ou qui lui sont adressé, faisant partie de la correspondance entre l'auteur et d'autres grands noms de la sf : Bradbury, Silverberg, Vonnegut, Zelazny, Asimov... ainsi qu'avec Bertrand Tavernier. Ce sont des documents précieux et sans nul doute dignes d'intérêt. Malheureusement, comme ces lettres ne sont pas traduites et que je ne suis pas anglophone, c'est une quinzaine de pages du livre qui m'est resté incompréhensible.

Le livre se conclut avec un sympathique guide de lecture. Plusieurs personnalités nous parlent d'un texte de Sturgeon et nous expliquent en quelques mots pourquoi ils l'ont adoré. Les textes donnent envie de lire bien comme il faut, mais je regrette leur trop petit nombre. J'en aurais bien repris pour quelques pages de plus.

Bref, j'ai trouvé cet ouvrage assez inégal. Il est desservi par la partie consacrée au cinéma, soit un bon tiers du bouquin, dispensable à mon avis. L'interview de la fille de l'auteur, l'article de Marianne Leconte et le guide de lecture valent, par contre, franchement le coup. Inégal, donc, mais intéressant tout de même.

Je sens que Cristal qui songe ne va plus m'attendre très longtemps sur son étagère...

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03 mars 2019

Le Facteur (The Postman) - David Brin

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Quatrième de couverture :

Que faire quand on est étudiant en psychologie et que les émeutes postatomiques effacent d'un trait toute civilisation sur le territoire des États-Unis ?
Depuis quinze ans, Gordon Krantz court les bois à la recherche de communautés désireuses de repartir de zéro, en s'efforçant d'échapper à la vigilance des "survivalistes". Jusqu'au jour où il rencontre successivement le facteur, l'ordinateur Cyclope et le chef indien Powhatan...
Les États-Unis sont morts ? Vivent les États-Unis Restaurés ! Les hommes ont peut-être provoqués l'Apocalypse... Restent les femmes...

Mon avis :

Cela fait une quinzaine d'années que l'Apocalypse a eu lieu. Une combinaison de bombes atomiques, d'armes biologiques et de fanatisme ont éradiqué une bonne part de l'humanité. Les rares rescapés se sont regroupés en communautés éparses et survivent tant bien que mal.
Gordon Krantz est un idéaliste qui voyage depuis seize ans sur les terres dévastées du continent américain dans l'espoir de retrouver un lieu où les graines de la civilisation qu'il a connu auraient recommencées à germer. Un jour, il tombe sur l'épave d'une jeep de l'U.S. Postal, le cadavre de son pilote en uniforme et son chargement de sacs de courrier. Une découverte qui va changer sa vie...

J'ai été agréablement surpris par l'originalité de ce roman. Dans un post-apo, je m'attendais à ce que l'histoire soit centrée sur la survie, la lutte pour la possession des dernières ressources, ce genre de choses... Or, Le Facteur raconte avant tout l'histoire d'un menteur prit à son propre piège. En jouant un rôle simplement pour mendier le gîte et le couvert, Gordon fera , bien malgré lui, renaître un mythe qui va le dépasser.
Ceci dit, la lutte et la survie sont également présentes, mais ces thématiques ne deviendront réellement importantes que plus tard dans le récit.

L'histoire est agréable à lire, avec des chapitres court qui s'enchaînent rapidement. J'ai tout de même ressenti quelques longueurs dans la première partie et, au contraire, trouvé la fin un peu trop abrupte à mon goût. Les derniers chapitres m'ont tellement tenu en haleine que je n'aurais pas été contre une petite rallonge.

Malgré ces problèmes de rythme, ce roman m'a bien plu.

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26 février 2019

Blacksad, tome 5 : Amarillo - Juan Diaz Canales & Juanjo Guarnido

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Quatrième de couverture :

— Qui es-tu pour me juger ? Qu'as-tu de plus qui te rende meilleur que moi ?
— La poésie et les couilles.

Mon avis :

Coincé à la Nouvelle Orléans, John Blacksad n'a pas de quoi se payer un billet d'avion pour retourner à New-York. Il accepte donc un boulot simple et bien payé : ramener la voiture d'un riche texan à son domicile. Malheureusement pour le détective, il se fait voler la voiture lors d'un arrêt à une station service. Les voleurs s'appelle Chad Lowell et Abe Greenberg, un romancier et un poète qui cherchent à rejoindre Amarillo, au Texas. Mais la virée tourne rapidement au drame...

J'avais trouvé l'histoire d'Âme rouge, le tome 3, un peu confuse, celle de ce tome est simple à suivre, mais part un peu trop dans tout les sens. En plus de l'histoire de l'écrivain, vient se greffer celle d'une troupe de cirque et de sa lanceuse de couteau au passé trouble, et un épisode avec la sœur de Blacksad dont je cherche encore l'intérêt. On apprend quasiment rien sur elle ni sur la famille du détective, et elle n'a aucun rôle important dans l'histoire.

C'est comme si Juan Diaz Canales s'était rendu compte que son histoire de romancier dépressif était un peu faible et qu'il avait voulu rallonger la sauce en rajoutant des éléments de bric et de broc à son intrigue. Le résultat n'est pas très heureux.

Heureusement, au dessin Juanjo Guarnido excelle toujours. Cinq albums, cinq sans-fautes. Décors détaillés, personnages expressif, aquarelle magnifiques. Son travail réhausse tellement l'intérêt de l'album !

Malgré le dessin somptueux, Amarillo reste l'épisode le plus moyen de la série.

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Blacksad, tome 4 : L'Enfer, le silence - Juan Diaz Canales & Juanjo Guarnido

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Quatrième de couverture :

"Sartre affirme que l'Enfer, c'est les autres. Je veux bien admettre que les autres peuvent nous rendre la vie insupportable, mais ils peuvent aussi être nos compagnons de Paradis. Pour moi, l'Enfer c'est le néant, un endroit sans mes amis, sans musique, sans paroles qui stimulent l'imagination, sans beauté qui exalte les sens..."

Mon avis :

Blacksad est engagé par Lachapelle, le célèbre producteur de musique jazz de la Nouvelle Orléans, pour retrouver le pianiste Sebastian Fletcher qui a, semble-t-il, des problèmes de drogue.

Après un troisième tome à l'histoire un peu confuse, Juan Diaz Canales est revenu aux fondamentaux pour cet épisode coloré et musical. Le scénario est solide et bien écrit. Pour cette enquête, Blacksad fait équipe avec Weekly, le journaliste furet apparu dans Arctic-Nation. Il ne faisait qu'un petit caméo dans l'épisode précédent (Âme rouge), il a cette fois-ci un rôle bien plus conséquent, pour mon plus grand plaisir.

La Nouvelle Orléans est un terrain de jeu formidable pour le dessinateur Juanjo Guarnido, qui nous gratifie de décors et de costumes superbes et colorés. Toujours ces aquarelles magnifiques, le gros point fort de cette série.

Un excellent épisode !