La Bibliothèque de Loki

17 juillet 2019

Chocolat amer (Como agua para chocolate) - Laura Esquivel

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Quatrième de couverture :

Dans le Mexique du début du siècle, en pleine tempête révolutionnaire, Tita, éperdument éprise de Pedro, brave les interdits pour vivre une impossible passion.
À cette intrigue empruntée à la littérature sentimentale, Laura Esquivel mêle des recettes de cuisine. Car Tita possède d'étranges talents culinaires : ses cailles aux pétales de roses ont un effet aphrodisiaque, ses gâteaux un pouvoir destructeur. L'amour de la vie est exalté dans ces pages d'un style joyeux et tendre, dont le réalisme magique renvoie aux grandes oeuvres de la littérature latino-américaine.

Mon avis :

LES PÂTES AU PARMESAN

INGRÉDIENTS :
- De l'eau
- Des pâtes
- Du sel gros
- De l'huile
- Du beurre
- Du parmesan à la coupe

RECETTE :
Remplissez un faitout ou une grande casserole avec deux bons litres d'eau et ajoutez une grosse pincée de sel gros et une cuillerée à soupe d'hule. Chauffez jusqu'à ébullition.

J'ai décidé de me faire à manger pendant cette critique. Pourquoi pas, après tout ? Mais parce que la cuisine et moi, ce n'est pas le grand amour, je vais me cantonner à un basique que je maîtrise, les pâtes. Avec du parmesan, tout de même. Et surtout pas de parmesan en sachet, par pitié ! Un morceau à la coupe, il n'y a que ça de vrai. Ce fromage peut se conserver des mois dans du film alimentaire, au fond du bac à légume du frigo. Alors, amis celibataires, n'hésitez pas à en acheter un bon morceau, ce n'est pas si cher et c'est tellement bon.
Pendant que l'eau chauffe, parlons un peu de ce roman de Laura Esquivel : Chocolat amer.

Le titre complet est : Chocolat amer, roman-feuilleton où l'on trouvera des recettes, des histoires d'amour et des remèdes de bonne femme. Je trouve que c'est un très bon résumé.
Tita, cadette de la famille, vit au Mexique avec sa mère et ses deux sœurs. Elle a deux passions : la cuisine et Pedro. Ce dernier aime Tita, mais elle ne peut l'épouser, à cause d'une mère autoritaire et d'une tradition familiale rétrograde. Alors Pedro décide d'épouser une des sœurs de Tita, Rosaura. Il ne l'aime pas, mais c'est le seul moyen de rester proche de l'élue de son cœur.

Quand l'eau bout, ajoutez les pâtes et baissez le gaz. Continuez la cuisson à feu doux en remuant régulièrement avec une cuillère en bois. Si vous avez choisi des spaghetti ou des taglliatelle, touillez avec une fourchette à deux dents, mais faites bien attention à ne pas rayer le fond de la casserole.
Pendant la cuisson des pâtes, râpez une bonne quantité de parmesan dans un bol.

J'adore le parmesan. Quand j'ai finit de le râper, mon petit plaisir est de lécher le bout de mon doigt pour coller les petits grains de fromages qui sont tombés sur la nappe. C'est trop bon !
J'aime nettement moins l'eau de rose que le parmesan. Autant dire que les déboires sentimentaux de Tita et Pedro m'ont paru assez ennuyeuses. Malgré la brièveté du texte, il y a des longueurs. Pour parler franchement, les derniers chapitres m'ont gonflés... comme les pâtes en fin de cuisson.

Quand les pâtes commencent à gonfler et blanchir, c'est signe qu'elles sont bientôt cuites. Goûtez-en une de temps en temps. Quand la cuisson est à votre convenance, égouttez et versez les pâtes dans un plat. Ajoutez quelques grosses noisettes de beurres et la moitié du parmesan râpé. Mélangez bien et servez tant que c'est chaud.
Mettez le bol contenant le reste du parmesan sur la table pour saupoudrer vos assiettes pendant le service.

Le roman est truffé de recettes, présentées comme dans cette critique. Des paragraphes qu'on dirait sortis tout droit d'un livre de cuisine et qu'on pourrait extraire du roman sans que le texte n'en soit changé. C'est original, mais assez bizarre et franchement, je ne sais pas si j'aime ou pas. Par contre, je dois reconnaitre que les recettes sont appétissantes et autrement plus élaborées que mes pâtes au parmesan.

Si j'étais un bon cuisinier, j'aurais également donné la recette d'une bonne sauce d'accompagnement. C'est malheureusement au delà de mes compétences. Les seuls autres plats que je sais faire se réchauffent au micro-onde. Du moins, tant que la durée est indiquée sur le paquet.

J'ai trouvé dans Chocolat amer un livre de recette à la présentation originale, une romance ennuyeuse et même, ce qui n'est pas pour me déplaire, quelques touches de fantastique. Mais tous ces ingrédients ont donné un plat à la saveur trop étrange pour que je l'apprécie vraiment.

Finalement, je crois que la cuisine mexicaine est un peu trop compliquée à mon goût. Je vais plutôt me dépêcher de manger mes pâtes avant qu'elles ne refroidissent.

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15 juillet 2019

Mort d'une héroïne rouge (Death of a Red Heroine) - Xiaolong Qiu

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Quatrième de couverture :

Shanghai 1990. Le cadavre d'une jeune femme est retrouvé dans un canal par deux jeunes pêcheurs. Pour l'ambitieux camarade inspecteur principal Chen et son adjoint l'inspecteur Yu, l'enquête va rapidement se compliquer lorsqu'ils découvrent l'identité de la morte. Il s'agit de Hongying, Travailleuse Modèle de la Nation. Une fille apparemment parfaite et solitaire qui a pourtant été violée et étranglée. Qui se cache derrière ce masque de perfection et pourquoi a-t-on assassiné la jeune communiste exemplaire ? Chen et Yu vont l'apprendre à leurs dépens, car à Shanghai, on peut être un camarade respecté tout en dissimulant des mœurs ... déroutantes. 

Mon avis :

Mort d'une héroïne rouge est le premier roman de Xiaolong Qiu. Il se déroule dans une Chine post-Révolution culturelle, tout juste un an après le massacre de la place Tian'anmen.

Le cadavre d'une jeune femme est retrouvé dans un canal en périphérie de Shanghaï. L'inspecteur principal Chen Cao, assisté de Yu, son adjoint, décide de se charger de l'enquête. Une décision lourde de conséquence, car il s'avère rapidement que la victime est une « travailleuse modèle de la Nation ». Ce qui ressemblait à un banal homicide prend une dimension politique inattendue.

Pour sa première enquête, l'inspecteur Chen aura fort à faire pour faire concilier sa conscience professionnelle et sa loyauté au Parti. La différence de culture et de mentalité entre chinois et occidentaux est fascinante, et Xiaolong Qiu la met en évidence au travers de toute une galerie de personnages secondaires : l'adjoint Yu et sa femme Peiqin ; le père de Yu, surnommé « Vieux chasseur » ; Lu, le chinois d'outre-mer, et Wang Feng, une journaliste, les amis les plus proches de Chen... Je trouve l'écriture de ces personnages excellente. Ils sont attachants et donnent envie de les retrouver de tomes en tomes. Au travers d'eux, l'auteur dresse un portrait de la Chine dans toute sa diversité.

Hormis quelques longueurs, je n'ai las grand chose à reprocher à ce roman. La série est lancée sur de bons rails et j'ai hâte de découvrir la suite.

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11 juillet 2019

Un Drame au Mexique et autres nouvelles - Jules Verne

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Quatrième de couverture :

En octobre 1825, une mutinerie éclate à bord de deux navires espagnols. Elle est menée par le lieutenant Martinez et le gabier José. Leur but est de livrer ces navires au gouvernement mexicain, qui n’en possède encore aucun. Paradoxalement, l’aspirant Pablo et le contremaître Jacopo, pourtant dévoués aux deux capitaines assassinés, rejoignent les rangs des mutins...
Comprend : Un drame au Mexique - Gil Braltar - Frritt-Flacc - Les forceurs de blocus - Martin Paz - Les révoltés de la Bounty.

Mon avis :

Un Drame au Mexique et autres nouvelles est un recueil disponible à ma connaissance uniquement en eBook. Il regroupe six nouvelles de Jules Verne originellement publiées à la fin de romans faisant partie des Voyages extraordinaires : Un Drame au Mexique, paru à la suite de Michel Strogoff ; Gil Braltar, à la suite du Chemin de France ; Frritt Flacc, à la suite d’Un Billet de loterie ; Les Forceurs de blocus, à la suite d’Une Ville flottante ; Martin Paz, à la suite du Chancellor ; et Les Révoltés de la Bounty, à la suite des Cinq cents millions de la Bégum.

- Un Drame au Mexique
Sous titré : Les premiers navires de la marine mexicaine.
En 1825, un groupe de mutins espagnols part chercher refuge dans la toute jeune république du Mexique.
Cette nouvelle d'une trentaine de pages reflète bien le style de Jules Verne. Malgré la brièveté du texte, l'auteur prend le temps de nous décrire la géographie et l'histoire du Mexique, qui vient de prendre son indépendance de la couronne espagnole. L'originalité est que, pour une fois, nous suivons les méchants. Les pirates vont-ils s'en sortir indemnes ou la morale sera sauvée ? Bon, il n'y a pas grand suspens, je l'avoue, mais je ne lis pas du Jules Verne pour cela. Je le lis pour le dépaysement et l'aventure, et de ce point de vue là, je n´ai pas été déçu.

- Gil Braltar
Drôle de personnage que ce Gil Braltar, hidalgo à moitié sauvage, vivant dans les montagnes vêtu de peaux de bêtes et luttant contre l'envahisseur anglais. Son but : reprendre possession du rocher de Gibraltar pour le rendre, comme il se doit, aux espagnols.
La nouvelle est très courte, mais le final a été.une vraie surprise. J'ai bien aimé. C'est un texte sympathique, avec une touche d'incongruité très « vernienne ».

- Frritt-Flacc
À Loktrop, une ville qu'on ne saurait situer sur aucune carte, le docteur Trifulgas est convié au chevet d'un mourant.
Le Fantastique est un genre dans lequel Jules Verne a très peu écrit. Si j'avais trouvé Maître Zacharius excellent, ce n'est pas le cas de ce Fritt-Flacc. Ce n'est pas que ce soit désagréable à lire, mais c'est vraiment anecdotique. On peut y voir une morale sur l'avarice, à la rigueur...
Je ne suis pas vraiment convaincu.

- Les Forceurs de blocus
En pleine guerre de Sécession, le capitaine James Playfair, qui travaille pour une filature de coton écossaise, se rend à Charleston à bord du Delphin, un navire conçu spécifiquement pour forcer les blocus nordistes et acheter du coton. Cependant, il y a à bord du Delphin deux passagers qui ont un objectif bien différent.
Une nouvelle avec tous les ingrédients d'un bon Jules Verne : de l'histoire, avec un état des lieux de la guerre de Sécession, de l'aventure, un voyage en mer, où l'auteur nous démontre la supériorité des bâtiments à vapeur sur les navires à voiles, et des personnages attachants.
Bref, un texte très sympathique.

- Martin Paz
Cette nouvelle est une œuvre de jeunesse de Jules Verne. Écrite en 1851, elle intègre les Voyages Extraordinaires en 1874.
À Lima, au Pérou, un mariage se prépare. Le juif Samuel a promis, contre une somme de 100 000 piastres, d'accorder sa fille Sarah comme épouse au riche métis André Certa. Mais Sarah - qui est fort attirée par la religion catholique - est amoureuse du jeune chef indien Martin Paz.
Le récit met en parallèle une rivalité amoureuse entre deux hommes, et une rivalité culturelle entre les Espagnols et les Indiens, avec les Métis méprisés de tous et pris entre deux feux.
On retrouve déjà tout ce qui fera le succès de l'auteur : de l'exotisme, de l'aventure, de l'histoire, et des personnages bien campés. Sans doute pas le meilleur texte de Jules Verne, mais ça reste une agréable lecture et une jolie façon de découvrir le Pérou.

- Les Révoltés de la Bounty
Récit basé sur des faits réels, la mutinerie de l'équipage de la Bounty, au large des Antilles. Les mutins abandonnent le capitaine Bligh et dix-sept officiers dans une chaloupe, sans arme et un minimum de vivres, avant de s'enfuir avec le navire.
Coincé par le fait qu'il s'agisse d'une histoire vraie, et même si Jules Verne fait quelques entorses à la réalité, on ne retrouve pas sa verve habituelle. Le texte est une simple suite de faits, sans style ni rythme. De plus, c'est trop court et tout va trop vite. Sans doute qu'en y mettant un peu plus les formes, et en prenant plus son temps, cela aurait été meilleur.
En l'état, cette nouvelle est intéressante, mais un peu décevante.

Au final, j'ai trouvé ce recueil assez convaincant. Fritt-Flacc m'a laissé froid et Les Révoltés de la Bounty m'a déçu, mais les autres nouvelles représentent bien tout ce que j'aime chez Jules Verne. J'ai voyagé, je me suis instruit et je me suis diverti tout à la fois.

10 juillet 2019

Mars - Ben Bova

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Quatrième de couverture :

2020. A l'instigation d'un scientifique brésilien, Alberto Brumado, une mission d'exploration vers la planète rouge va enfin voir le jour.
Vingt-cinq candidats de toutes nations ont été sélectionnés pour cette odyssée sous contrôle russo-américain. Après un voyage de neuf mois, toute l'équipe devra désormais se confronter à l'hostilité de la planète mais également aux tensions, jalousies et conflits inévitables après une longue période de huis clos. Chacun rêve de découvertes extraordinaires, mais la réalité est plus prosaïque : tempêtes de sable, pluies de météorites, virus mystérieux...

Mon avis :

Les premiers pas de l'homme sur Mars, comme si vous y étiez !
Après avoir exploré la Lune, la prochaine étape logique est la planète rouge. Comme il s'agit d'une entreprise trop coûteuse pour n'importe quel pays, seule une mission internationale est envisageable. Un homme, Alberto Brumado, consacrera sa vie entière pour que ce rêve devienne réalité. Grâce à lui, ce sont 25 hommes et femmes qui s'envoleront vers Mars. Un voyage de neuf mois, pour huit semaines d'exploration.

Je suis très mitigé concernant ce roman. Comme je préfère terminer par les bons points, je vais commencer par ce qui ne m'a pas convaincu.

À commencer par les personnages. En dehors de Jamie Waterman, l'amérindien et personnage central de l'histoire, les autres ne sont que des seconds couteaux, pour la majorité résumés à un nom, une nationalité et une fonction. On ne nous épargne pas les clichés : le japonais est zen, les russes sont droits dans leur bottes, les américains sont plus cools... et niveau psychologie, c'est vraiment faible. Les rapports entre les membres d'équipages se résument le plus souvent à la jalousie professionnelle ou au sexe. Et franchement, tout ce qui concerne le sexe est écrit avec la balourdise d'un collégien. Jugez plutôt : Ilona la nymphomane couche avec tous les hommes de l'équipage, mais pas les russes car elle les déteste. Tony voudrait bien en faire autant avec les femmes, mais Joanna lui résiste. Il semblerait que la brésilienne n'ait d'yeux que pour Jamie. Tony doit trouver un plan pour semer la discorde entre les deux... Sérieusement, c'est digne d'une (mauvaise) sitcom. Heureusement, cela ne prend pas beaucoup de place dans le récit, mais ce peu est déjà de trop à mon goût

Quant au personnage principal, Jamie Waterman, je n'ai pas accroché non plus. Le fait qu'il soit considéré d'abord comme un navajo avant d'être américain, et tout le laïus sur le manque de reconnaissance des amérindiens, sur la crainte de la Vice-Présidente des USA que Jamie devienne un héros pour son peuple et menace sa réélection, blablabla... C'est de la politique americano-centrée qui m'a carrément soûlé. Ce n'est pas ce que j'ai envie de lire dans un bouquin qui s'appelle Mars ! Et cela prend beaucoup de place, contrairement aux fantasmes sexuels du médecin anglais. Et en dehors de ses origines, le seul point qui soit développé est son attirance pour la jolie Joanna et j'ai déjà dit ce que j'en pensais plus haut.

Par contre, toute la partie politique concernant la sélection de l'équipe, qui consiste à choisir les meilleurs candidats tout en ménageant la susceptibilité des différents pays participants à l'opération, je l'ai trouvée excellente. En fait, tout ce qui concerne Mars et la mission est passionnant. La préparation, l'entrainement, le voyage, l'exploration, les découvertes et les problèmes rencontrés. Tout est raconté de manière très réaliste. On s'y croirait et on se dit qu'au fond, cela pourrait ce passer comme cela. De plus, le roman a beau avoir déjà presque trente ans, il n'est pas encore daté scientifiquement. Le seul détail qui m'a rappelé que le texte était écrit en 1992 est la présence de pellicule dans les appareils photos, c'est dire.

Ce qui m'a plu dans Mars, c'est Mars et seulement Mars. Mais en soi, c'était suffisant pour m'avoir donné envie de lire jusqu'au bout, quitte à lire en diagonale quelques paragraphes de politique ou de fantasme de collégiens. Il est juste dommage de ne pas avoir de bons personnages auxquels s'attacher.

Ce roman, c'est comme faire un magnifique voyage en mauvaise compagnie : j'ai parcouru de splendides décors, mais je n'en ai pas profité autant que je l'aurais voulu.

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06 juillet 2019

L'Ombre du prince - Than-Van & Kim Tran-Nhut

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Quatrième de couverture :

Un an après sa nomination dans une région reculée et désuète au nord du Viêt-Nam, le mandarin Tân se rend à Thang Long à la recherche de livres qui font défaut à sa province. Mais au lieu de manuscrits, il découvre une série de corps délicatement incisés par une lame artiste, meurtres sanglants qu'il lui faut élucider au plus vite en ce XVIIe siècle troublé par des luttes d'influences entre princes et seigneurs. Curieux voyage à la Capitale, où le jeune magistrat est confronté non seulement à la toute-puissance des nobles et à un vol singulier chez les eunuques, mais aussi aux ombres surgies de son propre passé. Le sang versé hier appellerait-il les crimes d'aujourd'hui ?
Pour percer à jour les motifs étranges d'un assassin sans pitié, le mandarin Tân devra pousser jusqu'au bout une effroyable logique qui, cette fois-ci, ne le laissera pas intact.

Mon avis :

Le mandarin Tân et le lettré Dinh se rendent à Thang Long (l'actuelle Hanoï) pour y chercher des livres rares et accompagner le docteur Porc à un colloque de médecine. Mais peu de temps après leur arrivée à la capitale, une série de meurtres débute.

Cette seconde enquête sera l'occasion pour le mandarin Tân de retrouver ses anciens compagnons de promotion et de revivre quelques souvenirs, et l'occasion pour nous d'en apprendre plus sur le mode de vie des vietnamiens au 17e siècle, sur leurs connaissances en médecine en particulier.

J'avais bien aimé le tome précédent, mais je lui avais reproché d'être léger en informations historiques et géographiques. Ce second tome est du même tonneau. Il s'agit d'un pur diverissement. On voyage, mais sans s'instruire. Ce n'est pas vraiment un défaut, du moment qu'on est au courant. Ceux qui lisent du polar historique pour la composante historique risquent fort d'être déçus. Les autres découvriront une enquête bien tournée, avec de bons personnages, un peu d'humour et une ambiance dépaysante. Le texte est bien écrit et se lit facilement, malgré quelques petites longueurs.

Un petit polar sympathique qui nous fait voyager agréablement.


28 juin 2019

Largo Winch, tome 10 : ... Et mourir - Philippe Francq & Jean Van Hamme

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Quatrième de couverture :

Un mystérieux M. Brown engage un ancien officier britannique pour effectuer une mission que l'on pressent criminelle envers Largo Winch. Parallèlement, à Venise, l'amie de Largo, Charity Atkinson, se fait enlever par un groupe extrémiste dont on soupçonne des liens étroits avec Francesco Leridan, étrange mécène italien surnommé le Doge. Largo s'envole pour Venise afin de porter secours à son amie, laissant de côté d'importantes négociations commerciales qui le mettent face à un dangereux Cartel pétrolier.

Mon avis :

Un homme a tué deux femmes pour tenter d'empêcher Largo Winch de recevoir un fax sur lequel était écrit : « Largo Winch, prenez garde au doge et à... ». Il n'en faut pas plus à l'aventurier milliardaire pour s'envoler en direction de Venise. Il y arrivera trop tard pour empêcher l'enlèvement de son amie Charity Atkinson par des terroristes italiens.

Toutes les pièces du puzzle présentés dans le tome précédent vont enfin s'assembler pour révéler une machination un peu plus alambiquée que la moyenne. Mais qu'importe, c'est savoureux. On sent bien que Jean Van Hamme s'est éclaté sur les magnifique décors et les costumes de carnaval de Venise, pour notre plus grand plaisir !

Beaucoup d'actions, beaucoup de revondissements, peut-être le meilleur album depuis le début de la série.

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Largo Winch, tome 9 : Voir Venise... - Philippe Francq & Jean Van Hamme

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Quatrième de couverture :

Dimanche 13 septembre, trois heures du matin... Dans une ruelle de Venise, un homme court à perdre haleine. À ses basques, trois malfrats armés jusqu'aux dents. L'homme réussit à échapper à ses poursuivants. Juste le temps de briser la vitrine d'une agence de voyages. Juste le temps de gribouiller quelques mots sur une feuille de papier et d'engager la feuille dans un fax. Deux secondes plus tard, l'homme meurt, criblé de balles. Mais le fax est bel et bien envoyé. Il y est écrit : « Largo Winch, prenez garde au doge et à... ». Le bal peut commencer.

Mon avis :

Un agent britannique à la retraite se fait engager par un certain Mr Brown pour une mystérieuse opération qui aura lieu à Venise, en septembre. Plus tard, précisément à cette date et en ce lieu, un homme est pourchassé par des assassins. Avant de se faire tuer, il a tout juste le temps d'envoyer un fax sur lequel est écrit : « Largo Winch, prenez garde au doge et à... ».

Ah ! Venise...
Après avoir crapahuté dans la jungle birmane, c'est un changement radical d'ambiance qui attend Largo Winch avec une aventure qui le mènera du côté de la Cité des Doges. On retrouve le luxe et la volupté chers à la série. Toutefois, même si on peux admirer quelques magnifiques plans sur la place Saint-Marc et les ruelles vénitiennes, une bonne partie de l'histoire se déroule à New-York. On ne profitera pleinement de Venise que dans le prochaine album. Pour le moment, ce ne sont que des amuses-bouches, même si ils sont très alléchants !

Beaucoup d'éléments disparates dans cette première partie. Outre la mystérieuse mission de l'anglais et l'histoire du fax, il y a également les agissements d'un groupe terroriste italien, une longue discussion sur l'avenir de la branche pétrolière du Groupe W, l'arrivée d'un majordome au service de Largo Winch ainsi que le séjour d'une de ses amies à Venise. On se doute bien que tout cela est lié d'une manière ou d'une autre, mais pour le moment, on est dans le brouillard.

À suivre dans le tome 10 : ... Et mourir.

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27 juin 2019

Largo Winch, tome 8 : L'Heure du Tigre - Philippe Francq & Jean Van Hamme

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Quatrième de couverture :

Simon Ovronnaz est en vacances avec Marjan Texel dans le Myanmar lorsque Simon se voit condamné à mort pour un meurtre qu'il na pas commis. A des milliers de kilomètres, Largo apprend la nouvelle et organise un plan pour le sauver, plan qui va vite tourner en révolte des Chans contre les Birmans.....

Mon avis :

Simon Orvonnaz est emprisonné dans la forteresse de Makiling, une prison inaccessible perdue dans les montagnes birmanes. Accusé d'un crime qu'il n'a pas commis, il doit être pendu dans moins de vingt-quatre heures... Mais Largo Winch a un plan pour le sauver.

Un plan dont je ne dévoilerais rien, si ce n'est que Largo va contracter une dette qui aura une grande importance dans une lointaine aventure. Souvenez-vous bien de cette formule : « Les trois yeux des gardiens du Tao ». On risque d'en entendre reparler un de ces jours !

Les ingrédients habituels sont là. De l'action et de l'exotisme, un brin d'espionnage et de jolies femmes (La « Largo Winch Girl » de l'album s'appelle Malunaï, une birmane qui n'a pas froid aux yeux). Un changement dans la recette, toutefois : on oublie le grand luxe pour crapahuter dans la jungle. L'Aventure, c'est l'aventure !
Quant aux dessins, ils sont toujours aussi beaux, et les découpages toujours aussi efficaces.

Une excellente aventure pour une série qui parvient à se renouveler dans la continuité.

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Largo Winch, tome 7 : La Forteresse de Makiling - Philippe Francq & Jean Van Hamme

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Quatrième de couverture :

Simon Ovronnaz est en vacances avec Marjan Texel dans le Myanmar lorsque Simon se voit condamné à mort pour un meurtre qu'il na pas commis. A des milliers de kilomètres, Largo apprend la nouvelle et organise un plan pour le sauver, plan qui va vite tourner en révolte des Chans contre les Birmans.....

Mon avis :

Alors qu'il prend des vacances au Myanmar en charmante compagnie, Simon Orvonnaz se fait arrêter par les autorités locale puis se voit accusé du meurtre d'un policier. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, le voilà condamné à la pendaison. L'exécution aura lieu dans dix jours ! En réalité, il s'agit d'une machination du gouvernement birman dans le but d'attirer Largo Winch dans ses filets. Mais dans quel but ?

Dans les précédents albums, quelques flashbacks nous avait laissé entrevoir que Largo Winch avait roulé sa bosse aux quatre coins du globe avant de prendre la tête du Groupe W. Dans H (tome 5), on faisait la connaissance d'un chef de village birman, du fameux Triangle d'Or. C'était en quelque sorte un teasing de cette nouvelle aventure, placée sous le signe de l'exotisme puisque nous voici parti visiter le sud-est asiatique. Une occasion pour Jean Van Hamme de nous éblouir avec de magnifiques décors comme il en a le secret.

Une aventure qui démarre sous les meilleurs auspices et se poursuit dans le tome suivant : L'Heure du Tigre.

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Le Nom du monde est Forêt (The Word for World is Forest) - Ursula K. Le Guin

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Quatrième de couverture :

Davidson, le capitaine, sait ce qu'il a à faire. La Terre manque de bois ; Athshe, la planète-forêt, en fournit autant qu'il en faut. Les créates, ces singes verts, abattent les arbres sous les ordres de Davidson. Athshe deviendra un vrai paradis et les créates n'en profiteront pas.
Le seul qui les protêge, c'est Lyubov, ce crétin de spé. Il a sauvé l'un d'eux, Selver, qui renâclait parce qu'on avait tué sa femme. Un comble ! Et maintenant, Selver et quelques autres ont fui dans la forêt ; ils sont un peu moins rêveurs ; ils deviennent violents, comme les umins. Mais le pire, c'est que la Terre entre dans la Ligue des Mondes et qu'il faut arrêter le massacre. Et Selver songe à se venger en chantant. Alors là non ! non ! NON !

Mon avis :

Athshe est une planète composée d'un archipel de grandes îles entièrement recouverte de forêt. Depuis quelques années, une colonie humaine s'y est installée pour exploiter ce colossal gisement de bois, au mépris de l'espèce indigène, des humanoïdes aux allures de primate à fourrure verte qu'il nomment créates. La plupart des colons les considérant, au mieux, comme des animaux intelligents, ils n'ont aucun scrupule à les asservir aux travaux forcés. Seul Lyubov, le spécialiste en race extraterrestre, s'inquiète du sort des créates.

Le Nom du monde est Forêt a reçu le prix Hugo du meilleur roman court en 1973.

Je connaissais déjà Ursula K. Le Guin pour ses romans de fantasy, avec l'excellent cycle de Terremer, et dans le registre historico-mythologique avec Lavinia, un de mes coups de cœur de 2018. Il me restait à découvrir ses écrits de science-fiction, et c'est chose faite avec cette novella.
Que dire, sinon que l'autrice excelle autant dans la SF que dans les autres domaines ?

Le comportement des humains envers les créates évoque le colonialisme de notre histoire. On pense aux spoliations des terres des amérindiens par les colons européens, ou encore à l'hypocrisie des propriétaires terriens vis à vis de la main d'œuvre noire après l´abolition de l'esclavage. Car si officiellement il n'y a pas d'esclaves sur la planète Athshe, les humains traitent les créates comme du bétail.
Quant à l'exploitation de la forêt' elle pose la question de la raréfaction des ressources naturelles. Un sujet qui nous touche encore plus aujourd'hui qu'à l'époque de son écriture. Le propos du texte n'a pas vieilli du tout.

Pour autant, le Nom du monde est Forêt n'a rien d'un pamphlet assommant. L'écriture est soignée ; le texte est court mais riche. Ursula K. Le Guin a imaginé un peuple a la culture complexe et étonnante, avec sa mythologie, ses coutumes, son langage. Les créates nous touchent par leur proximité avec l'homme, tout en étant radicalement différents. L'auteur laisse également entrevoir quelques éléments d'un background plus vaste, à l'échelle galactique. Le roman fait partie du cycle de l'Ekumen, mais peut se lire tout à fait indépendamment.

Un texte intense, poétique et intelligent. C'est une excellente porte d'entrée si vous souhaitez découvrir Ursula K. Le Guin.