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Quatrième de couverture :

Voici l'histoire d'une épée dont on dit qu'elle fut brisée par Thor en personne. Maléfique. Forgée dans le Jotunheim par le géant Bolverk, et appelée à l'être à nouveau. Une épée qui, une fois dégainée, ne peut regagner son fourreau sans avoir tué. Voici l'histoire d'une vengeance porteuse de guerre par-delà le territoire des hommes. Un récit d'amours incestueuses. De haine. De mort. Une histoire de destinées inscrites dans les runes sanglantes, martelées par les dieux, chuchotées par les Nornes. Une histoire de passions. Une histoire de vie...

Mon avis :

C'est l'histoire d'un bébé, échangé avec un changelin peu après sa naissance par un seigneur elfe. C'est l'histoire d'une vengeance orchestrée par une sorcière à l'encontre d'un homme et de sa descendance. C'est l'histoire d'une guerre entre les elfes et les trolls aux enjeux supérieurs. C'est l'histoire de jumeaux qui ne sont pas frères condamnés à s'affronter. C'est l'histoire d'une épée maudite qui apporte gloire et malheur à qui la brandit.

Dans la préface, Michael Moorcock nous apprend que l'Épée brisée a été écrit en 1954, la même année que le Seigneur des anneaux. Si ce dernier a eu le succès qu'on lui connait, le roman de Poul Anderson, en France tout du moins, est passé inaperçu. Il aura fallu soixante ans pour qu'une maison d'édition, le Bélial, le traduise dans la langue de Molière. Si Tolkien et Anderson puisent leur inspiration aux mêmes sources, les grandes sagas scandinaves, il en résulte deux œuvres aux antipodes l'une de l'autre. Comparer les deux est intéressant, mais les opposer n'a pas de sens.  Contrairement à Moorcock, qui semble utiliser cette préface pour régler ses comptes avec Tolkien, on peut aimer les deux. Et cela tombe bien, j'ai aimé les deux.

Poul Anderson plonge le lecteur dans une geste héroïque au souffle épique On retrouve dans le récit de grands motifs universels : le destin, écrit par les Nornes, duquel découle la guerre et la vengeance, l'amour, qui ne dure qu'un temps... Le héros est destiné à chercher la gloire sur le champs de bataille, pas à terminer ses jours dans les bras de sa belle. Haine, amour, jalousie, mélancolie, ambition, les sentiments sont exacerbés. Le texte est moderne, mais retranscrit parfaitement la pureté, l'aspect brut, primitif, des récits dont il s'inpire.

Franchement, j'ai adoré. J'ai dévoré ce roman, mon premier de cet auteur, que j'ai trouvé admirablement écrit. Il y a un vrai élan épique, des personnages non manichéens, de la magie, des combats... Je ressors de ce livre avec des images pleins la tête.