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Quatrième de couverture :

En 1839, Monsieur Jeorling, que ses recherches en géologie et minéralogie ont conduit aux Kerguelen, attend un navire qui le rapprochera de son Amérique natale. Il embarque sur l'Halbrane, dont le capitaine Len Guy est obsédé par le récit des aventures d'Arthur Gordon Pym d'Edgar Poe, pourtant peu vraisemblables. Pym est en effet l'homme qui a entraîné son frère, capitaine de la Jane, dans une exploration des latitudes australes, a transmis son journal à Edgar Poe puis a disparu. Peu à peu convaincu de la véracité de ce récit, Monsieur Jeorling accompagne et encourage le capitaine Len Guy à entreprendre une campagne qui les emmène au delà des latitudes connues dans le but de secourir son frère qu'ils croient toujours vivant. Outre les dangers de la navigation dans ses mers australes, ils vont devoir affronter la rebellion des matelots du bord...

Mon avis :

En 1838, parait aux États-Unis et en Angleterre les Aventures d'Arthur Gordon Pym, d'Edgar Allan Poe, qui raconte comment le susnommé Pym parvient, après de nombreuses épreuves, jusqu'en Antarctique.
50 ans plus tard, Jules Verne, impressionné par ce roman mais également frustré par sa fin énigmatique, écrit une suite intitulée le Sphinx des glaces.

L'histoire débute en 1939, soit quelques mois seulement après la publication des Aventures d'Arthur Gordon Pym. L'américain Jeorling découvre que ce récit, qu'il croyait fictif, est en réalité authentique. Il prendra part à l'expédition du capitaine Len Guy, parti sauver les survivants présumés du Jane, le navire qui amena Pym en Antarctique.

Cela faisait des années que j'avais envie de lire ce roman, mais je tenais absolument à avoir lu celui d'Edgar Poe avant. Ce fut chose faite il y a quelques jours et, comme Jules Verne, j'ai été terriblement désappointé par sa conclusion. J'attendais donc beaucoup de cette suite, écrite par mon auteur préféré.

Au début, l'ambiance rappelle pas mal Voyages et aventures du capitaine Hatteras. C'est assez logique, l'un est un voyage vers le pôle nord, l'autre le pôle sud, le décor et les obstacles rencontrés sont assez semblables. Pourtant, le roman acquiert rapidement une tonalité propre.

Au fur et à mesure de l'avancée de l'histoire, l'aventure se mêle de science-fiction. Sous la plume du poète américain, Arthur Pym a vécu des évènements surnaturels qui trouvent des explications rationnelles chez le romancier français. Mais cette rationalité n'empêche pas l'émerveillement, et certaines images marquantes restent en tête une fois le livre refermé.

La fin ouverte du roman d'Edgar Allan Poe laissait le champ libre à de nombreuses interprétations. Jules Verne propose la sienne, et je trouve l'exercice brillamment réussi. J'ai, enfin, une conclusion pleinement satisfaisante aux aventures d'Arthur Pym.
Le style de Verne est toujours aussi plaisant, et les gravures de Georges Roux sont magnifiques.

Encore un grand roman d'aventure du maître de la science-fiction française.

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