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Quatrième de couverture :

Lorsque le professeur Brendan Doyle accepte de donner une conférence sur le poète anglais Coleridge, il est loin d'imaginer qu'il ne va pas tarder à le rencontrer en personne... en 1810 ! Car après avoir accepté l'offre d'un millionnaire ayant percé les mystères du voyage dans le temps, le voilà plongé dans une aventure rocambolesque, traversant un Londres peuplé de bohémiens, de mendiants douteux et de sorciers terrifiants, tel ce clown macabre qui règne sur le monde souterrain. Et pour couronner le tout, Doyle ne peut revenir à son époque, à moins de déjouer les plans malfaisants de mages égyptiens qui veulent ramener leurs anciens dieux à la vie. Mais osera-t-il prendre le risque de changer le cours de l'Histoire ?

Mon avis :

En 1983, Brendan Doyle, professeur californien spécialiste en poésie anglaise, est engagé par le milliardaire J. Cochran Darrow pour une mission très spéciale : accompagner un groupe de millionnaires ayant payé une fortune pour un voyage temporel au début du 19ème siècle afin d'assister à une conférence du poète Coleridge. Ce voyage extraordinaire se déroulera sans accrocs, mais au moment du tetour, Doyle se fait enlever par un mystérieux bohémien et se retrouve coincé à Londres en 1810.

Auréolé de sa réputation de précurseur du courant steampunk, je m'attendais à lire un roman de science-fiction, et les premières pages annonçant une histoire de voyage dans le temps me confortaient dans cette idée. Pourtant, vous ne trouverez aucune trace d'uchronie ni de machines à vapeur délirantes dans les pages de ce roman. Si Les Voies d'Anubis contient bien les germes du steampunk, il reste tout de même bien loin des canons du genre. En fait, il se rattache plus au fantastique qu'à la science-fiction, et m'a beaucoup fait penser au Jonathan Strange et Mr Norrell de Susanna Clarke. Vingt ans avant cette dernière, Tim Powers décrivait déjà une Angleterre pré-victorienne où la magie existe et est plutôt puissante, à la différence notable que, chez l'auteur américain, les sorciers agissent dans l'ombre.

Il sera donc beaucoup question de sorcellerie, de créatures magiques et de sociétés secrètes, le tout dans un décor des plus appropriés. Tim Powers fait véritablement montre d'érudition dans la description des lieux et des hommes du Londres de cette époque. L'auteur use du voyage dans le temps pour réinterpréter l'Histoire avec un grand H. Mais, comme je le disais plus haut, il ne s'agit pas d'une uchronie. Powers respecte scrupuleusement les faits historiques, simplement, il en donne sa version... et cela promet quelques surprises !

Le roman est découpé en deux parties intitulées respectivement "Le Visage sous la fourrure" et "Les Douze heures de la nuit". J'ai beaucoup aimé la première. On y découvre un univers fantastique en compagnie d'un héros, Brendan Doyle, qui n'a rien d'héroïque, justement. Brendan est un homme normal qui se retrouve embringué dans une aventure qui le dépasse totalement. Seule sa culture et sa connaissance des évènements à venir lui permettent de garder la tête hors de l'eau, mais le pauvre subit beaucoup de revers. Tim Powers multiplie les personnages, les intrigues et accumule les références historiques, mais le rythme est bon et prenant, jusqu'à un cliffhanger de mi-roman absolument génial.

J'ai eu beaucoup plus de mal avec la seconde partie. L'auteur a lancé tant d'intrigues dans la première que l'obligation de les conclure toutes dans la seconde plombe le rythme. J'ai notamment trouvé toute l'histoire concernant Joe Face-de-chien et Darrow inutilement longue et répétitive. De plus, les nombreuses histoires d'identités multiples et de clones rendent certains passages très confus. Je me suis souvent retrouvé à lire plusieurs paragraphes, voire plusieurs pages, avant de comprendre quel personnage j'étais en train de suivre. Bref, cette seconde partie a été par moment assez pénible à lire. Heureusement, le chapitre de conclusion est magnifique et a récompensé mes efforts.

Malgré tout, à cause de ses problèmes de rythme, je ne peux m'empêcher de ressortir déçu de cette lecture.