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Quatrième de couverture :

Japon 1187. Le précédent empereur, un enfant de six ans, a été renversé. Le nouveau pouvoir politique repose entre les mains de Yoritomo Minamoto, qui œuvre pour prendre son autorité. Malgré ses victoires militaires, Yoritomo souffre. Sa femme Masako est malade.
Le père de Masako, le gouverneur de Kyoto, Tokumasa Hojo, décide de partir en pélerinage sur une île, afin de prier pour le salut de sa fille. La déesse de la chance et un dragon lui apparaissent, et lui révèlent l'emplacement d'une plante aux vertus miraculeuses. Cependant, ils le mettent en garde : la plante ne soignera Masako que si son âme est pure.

Fiche  du livre sur le site des Éditions Centon.

Mon avis :

Japon 1187. Yoritomo Minamoto consolide son pouvoir depuis qu'il a renversé l'empereur, deux ans plus tôt. Mais sa femme Masako souffre d'une terrible maladie incurable. Tokumasa Hojo, le père de Masako, se rend en pèlerinage sur l'île d'Enoshima afin de prier les dieux. Selon la légende, l'île abriterait Benzaiten, déesse de la chance, et le dragon Gozu-Ryu.

La démarche d'Éloi Larchevêque, comme il l'explique dans le préambule, est de mêler « les faits historiques et légendaires avec le parti pris de leur accorder le même niveau de réalité ». En résulte un conte mythologique se déroulant au XIIIe siècle, les premières heures du Japon médiéval, à mi chemin entre un film de Kurosawa et un anime de Ghibli.

Bien que le contexte politique de l'époque soit mentionné à plusieurs reprises, il n'est qu'assez peu développé. En contrepartie, l'auteur accorde une grande place à la description des traditions et du mode de vie, mais aussi aux rapports qu'entretiennent les japonais avec le merveilleux. Les scènes qui relève purement du fantastique sont très belles, et dépaysantes pour un lecteur occidental plus habitué aux mythologies grecques et celtiques.

Tout le roman s'articule autour de Masako. Éloi Larchevêque nous dépeint le portrait touchant d'une femme affaiblie par la maladie, mais au caractère fort. On découvre sa vie au fur et à mesure qu'on avance dans l'histoire, avec quelques surprises à la clef. Tokumasa est également un personnage attachant dans sa quête désespérée pour sauver sa fille. Avec des mots simples et poétiques, l''auteur parvient à nous faire ressentir l'amour familial partagé entre Tokumasa et Masako, et celui plus sensuel entre cette dernière et Yoritomo, tout en conservant cette pudeur propre aux écrits japonais.

Le final est un peu frustrant car il appelle une suite qui j'espère ne tardera pas trop à sortir. L'histoire apporte toutefois une belle conclusion à la quête de Tokumasa et c'est très logiquement qu'elle s'interrompt ici. Une conclusion surprenante, d'ailleurs, et fort prometteuse pour la suite.

Asagao {éclosion} est un premier roman un peu court (j'en aurais bien pris cent pages de plus !), mais très agréable à lire. Une belle plongée dans l'histoire et les légendes japonaises.