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Quatrième de couverture :

Au Cap, en Afrique du Sud, dans la société ultra-technologique qu'est Moxyland, le monde virtuel a pris le pas sur le réel. L'apartheid, jadis axé sur la ségrégation raciale, a déplacé sa ligne de partage. Le téléphone portable, qui contient systématiquement les données personnelles de chaque citoyen, est un passeport obligatoire, sinon vital. Seuls ceux qui sont connectés en permanence ont leur place dans la société, les autres en sont exclus. Kendra, Lerato, Toby et Tendeka décident de s'insurger contre l'ordre établi. Ils sont programmeur, blogueur, activiste ou simple étudiant, mais tous aspirent à plus de liberté. Ils s'engagent dans une lutte sans merci contre une police ultra-violente, qui sévit en toute impunité. L'issue en sera forcément fatale.

Mon avis :

Kendra, artiste photographe et enseigne publicitaire vivante, Toby, blogueur-vidéaste-grande gueule, Tendeka, activiste idéaliste anti-capitaliste et Lerato, programmeuse et pirate informatique à ses heures, quatre sud africains du Cap qui vont se retrouver, chacun à leur façon, en lutte avec le système.

L'ambiance générale de Moxyland est un bon mélange de William Gibson et de Georges Orwell. Sombre et pessimiste, et malheureusement réaliste. Dans le futur dépeint par Lauren Beukes, les corporations ont pris le pouvoir, la société est ultra-technologique et ultra-sécuritaire. Le téléphone portable devient un outil de contrôle, qui contient toutes nos données personnelles, sert de carte d'identité et de moyen de paiement. En cas de crime ou de délit, l'une des pires sanctions possibles est le « désamorçage » : être déconnecté du réseau pour une période donnée. Quand on est désamorcé, il est impossible de payer quoi que ce soit, de prendre les transports en commun, d'accéder aux lieux publics... On se retrouve rapidement en marge de la société.

Moxyland est le genre de bouquin à ne pas lire si vous n'avez pas le moral, parce qu'il risque de vous le saper encore plus. Mais c'est un excellent bouquin, qui fait réfléchir, comme les modèles que j'ai cité plus haut. J'aime l'écriture de Lauren Beukes, âpre et rude comme le monde qu'elle décrit, mais humaine, comme ses personnages.

Autre chose que j'ai apprécié, Moxyland est radicalement différent, dans son propos et sa forme, de Les Lumineuses, autre roman de Lauren Beukes, preuve que l'autrice est à l'aise dans plusieurs registres. Cela donne envie de découvrir le reste de sa bibliographie.

Un roman que je recommande aux amateurs de cyberpunk.

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