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Quatrième de couverture :

Pendant des années, Tyrone a eu un rôle important au sein de l'IRA. Nationaliste avant tout, il a connu les prisons britanniques, la violence, la souffrance de voir son fils emprisonné à son tour, mais jamais il n'a plié. Un jour, pourtant, sa famille et ses amis découvrent qu'il a "trahi" et que pendant plus de 30 ans il a renseigné les britanniques... Tout le paradoxe irlandais entre fierté et désespoir se retrouve dans ce portrait poignant d'un homme qui un jour, a renoncé à ses idéaux...

Mon avis :

Tyrone Meehan est un vieil homme quand il revient à Killybegs, la ville de son enfance. En attendant la mort, il couche ses souvenirs sur le papier. Il raconte sa vie, en commençant par le portrait de son père, irlandais patriote jusqu'à l'âme, engagé dans la guerre civile contre l'envahisseur anglais et protestant. Dès l'adolescence, Tyrone suivra sur les traces de son père et s'engagera dans l'IRA.
Tyrone raconte tout : ses rencontres, ses faits d'arme... sa trahison.

Sorj Chalandon était (et est toujours) reporter avant d'être romancier. Il a écrit plusieurs reportages sur l'Irlande du nord et c'est à cette occasion qu'il a rencontré Denis Donaldson, membre de l'IRA et du Sinn Féin (Parti républicain irlandais). En 2008, Chalandon s'est inspiré de sa vie pour écrire Mon Traître. Trois ans plus tard, Retour à Killybegs raconte la même histoire du point de vue dudit traître.

Jusqu'au mois dernier, je n'avais jamais entendu parler de Sorj Chalandon. C'est une lecture commune qui m'aura fait découvrir l'auteur. Un belle découverte, je dois dire. Dès les premières lignes, j'ai été conquis par son écriture, très vivante. Du fait de ne pas avoir lu Mon Traitre, la question de savoir pourquoi et comment Tyrone en vient à trahir son camp, qu'il sert pourtant avec la plus grande et sincère des convictions, a ajouté beaucoup de suspens à l'histoire.

J'ai appris beaucoup sur l'Irlande du nord et l'IRA, sur la vie dans les ghettos catholiques, sur la culture et la mentalité d'un peuple, sur les relations, houleuses, entre les différentes communautés. Comme seul le point de vue irlandais est exposé, on a une vision tronquée des évènements, mais c'est un parti pris. On voit le monde comme le voit Tyrone, avec sa grille de lecture. C'est ce qui le rend attachant. Qu'on partage ou non ses convictions, on le comprend. On se sent concerné. C'est avec intérêt que j'ai suivi son évolution, de l'enfant idéaliste au vieillard désabusé.

Un roman prenant, émouvant... en un mot : passionnant.