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Quatrième de couverture :

Le commandant Christopher Robin est expédié au pôle Sud par le grand magnat de la presse Herbst. Équipé de tout sauf du nécessaire, le navigateur malgré lui se trouve embarqué dans une aventure « bipolaire » et scénarisée à son insu. Car la prétendue entreprise à but scientifique se révèle être une gigantesque opération publicitaire, où l’on croise de biens drôles d’oiseaux, de la starlette bimbo Cynara au pingouin alcoolique baptisé Jake.

Mon avis :

Mais qu'est-il venu faire dans cette galère ?
C'est la grande question que se pose Christopher Robin, commandant du Lizzie Borden, un bateau de guerre rafistolé à peine capable de flotter, en route vers le pôle sud. Le célèbre magnat de la presse William Herbst, à l'origine de l'expédition, a pensé à tout. À bord du rafiot, on embarque reporter, cameramen, starlette (un point de vue féminin, très important) et même une autruche (une mascotte, pour les photos). L'équipage ? Détail sans importance, prenons les premiers qui passent. L'équipement ? Celui fourni par les sponsors fera parfaitement l'affaire. Oui, oui, des pianos et des réfrigérateurs' ça peut toujours servir... Un peu d'imagination, que diable ! Et de l'esprit d'aventure ! Le public compte sur vous !

Wolcott Gibbs a débuté sa carrière comme critique de théâtre et, à ce titre, était bien placé pour nous faire découvrir le monde de la presse et la société du spectacle des États-Unis de l'entre-deux-guerre. Pour le faire, il choisi de parodier une véritable expédition scientifique, celle de l'aviateur Richard Byrd, qui survola le pôle Sud en 1929. Sous la plume de Gibbs, l'expédition du commandant Robin devient un support publicitaire à la gloire des éditions Herbst. La science n'est qu'un prétexte, ce qui compte, c'est de vendre du rêve aux lecteurs.

Bien que le ton du récit soit à l'humour, on ne peut s'empêcher de comparer certains propos à notre situation actuelle et force est de constater que rien n'a vraiment changé. La tirade de Patrick Le Lay sur le « temps de cerveau disponible du téléspectateur » irait très bien dans la bouche de William Herbst, par exemple. Une émission comme Rendez-Vous en Terre Inconnue, même si elle n'est pas aussi drôle, rejoins largement le concept de Tous au pôle !... Du moins, si elle avait été tournée et scénarisée par les Marx Brothers !

J'ai véritablement ri lors de ma lecture. Certaines scènes totalement loufoques – Une bimbo faisant des courses d'autruche sur le pont du navire, le remorquage à la nage dudit navire le long du canal de Panama ou encore un pingouin qui bat la mesure lors d'une fête alcoolisée, ne sont que quelques exemples – sont vécues au premier degré par les protagonistes du récit. Seul le commandant Robin semble se rendre compte de l'absurdité de toute cette aventure mais, totalement dépassé par les évènements, il se laisse embarquer et nous avec.

Tous au pôle ! est une vraie bonne surprise. Très agréable à lire, je l'ai dévoré comme une friandise glacée. J'ai bien rigolé et il y a un pingouin dedans. Il n'en faut pas plus pour faire mon bonheur.

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