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Quatrième de couverture :

Qui est Yambo ? A l'issue d'un coma, il a tout oublié, sa famille, son métier, son passé, ses amis, son enfance, les femmes qu'il a aimées... [...] Comme dans un jeu de piste, la mémoire de Yambo n'est d'abord que le souvenir des choses lues. Ensuite, grâce à une mystérieuse flamme qui le parcourt quand il touche au plus profond de sa vie passée, il retrouve quelques étapes de son itinéraire de jeune garçon à l'époque de Mussolini. [...]
A travers la recherche de la jeune fille aimée, ce roman restitue par les yeux d'un enfant la chromique familiale et politique des vingt années de fascisme italien. Une fresque intime et historique, pleine de la fureur des livres, de bulles de B. D., de dessins et de photos de revues, de chansons et de musique, comme seul Umberto Eco pouvait nous la peindre, avec sa science joueuse et sou humour, ses larmes et ses éclats de rire. Entre l'enfer de l'Histoire, le purgatoire de l'enfance et le paradis de l'amour, jusqu'à la dansante apocalypse finale.

Mon Avis :

Yambo, marchand de livres anciens de 60 ans, se réveille d'un coma dans un hôpital milanais et constate que, si il se souvient parfaitement de tous les livres qu'il a lu, il a oublié son nom, son mariage et sa famille. En somme, son savoir encyclopédique semble intact, mais il a perdu ses souvenirs personnels. Pour retrouver la mémoire, il retourne dans sa maison familiale et se plonge dans les livres de son enfance.

La Mystérieuse flamme de la reine Loana est sans aucun doute le roman le plus personnel d'Umberto Eco. Car, ne nous y trompons pas, caché derrière Yambo se trouve l'auteur, et c'est son enfance, ou à tout le moins l'enfance d'un homme de sa génération, de son origine et de son milieu social, qu'il raconte.
Au-delà du fait que j'aime beaucoup Eco, son style et son érudition, c'est ce côté personnel qui m'a beaucoup touché. Il se trouve que mon père, si il est issu d'un milieu beaucoup plus modeste, est né lui aussi en Italie du nord, dans les années trente. J'aurais adoré pouvoir discuter de ce roman avec lui.

Car c'était une drôle d'époque. Commencer son apprentissage de la vie dans les jeunesses fascistes, apprendre par cœur les chants patriotiques, devoir garder ses opinions pour soi, sous peine de causer la perte de sa propre famille. Vivre dans une dictature est quelque chose de difficilement concevable pour ma génération. Ensuite viennent les années de guerre, vécues loin du front, vues par les yeux d'un enfant, puis la libération, du pays et des opinions, avec la mort du Duce.

Outre l'histoire et la politique, Umberto Eco dresse également un panorama quasi exhaustif de la culture populaire des années 30 à 50. Si de nombreuses références comme Mickey, Flash Gordon, Mandrake, le Fantôme du Bengale, les Trois mousquetaires, l'Île au trésor, Cyrano de Bergerac, l'œuvre de Jules Verne, Poe ou Conan Doyle,... me parlent, d'autres, encore plus nombreuses, me sont inconnues. Quel non italien connait Pipetto, Girafon ou encore Alonzo Alonzo di Alonzo ? Ces références obscures ajoutent une touche d'exotisme au voyage.

Voyage d'autant plus dépaysant qu'il est agrémenté de plus d'une centaine d'illustrations : couvertures de livres, coupures de journaux, photographies, pochettes de disques, publicités... Toutes d'époques et, pour une partie d'entre elles, directement issues de la collection privée de l'auteur. C'est un vrai régal pour les yeux.

Que dire de plus ? J'adore la plume d'Umberto Eco. Il signe une fois encore un excellent roman.

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