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Quatrième de couverture :

Akira, la grande saga de Katsuhiro Otomo, prend de plus en plus d'ampleur. Ne se contentant pas d'être un excellent manga de science-fiction, la série Akira pose de nombreuses questions philosophiques sur les fondements et sur le devenir de l'humanité. Enfin rééditée dans son format original en noir et blanc, nous avons maintenant le privilège de redécouvrir cette merveille dans les mêmes conditions que les bédéphiles japonais quelques années avant nous.

Mon avis :

Kanéda, Keisuke, Joker et sa bande, Kei, soutenue par les pouvoirs de Lady Miyako, Kiyoko et Masaru, le Colonel, les partisans du Nouvel Empire de Tokyo, l'armée américaine... Leurs motivations sont différentes, mais ils ont tous le même objectif : tuer Tetsuo !

L'action est menée tambour battant de la première à la dernière page. Katsuhiro Otomo lâche les chevaux et donne tout ce qu'il a pour nous gratifier de scènes encore plus spectaculaires qu'à l'accoutumée. On peut dire qu'à ce niveau, le dernier tome tient toutes ses promesses.

Malgré l'envergure des scènes d'action, l'auteur ne perd pas de vue le facteur humain. Otomo évite tout manichéisme dans l'écriture de ses personnages. Même ceux dont la motivation est la plus discutable ont des raisons d'agir ainsi. Rien n'est gratuit.
Les relations croisées Kaneda/Tetsuo et Kaneda/Kei seront décisives et ces trois personnages prennent de l'épaisseur. Je n'oublierais pas non plus Lady Miyako et son baroud d'honneur mémorable, ni mon personnage préféré, le Colonel qui apparaissait d'abord comme un grand méchant avant qu'on le découvre mieux. Il finira par gagner le respect de Kei, de Kaneda... et du lecteur. Akira gagne également en profondeur. Akira est un être si puissant qu'il est au-delà de l'humanité, quasiment indifférent à ce qui l'entoure. Il est presque plus un concept – l'échelon supérieur de l'humanité – qu'un personnage. Mais l'auteur nous rappelle que, si puissant qu'il puisse être, Akira reste avant tout un petit garçon.

Akira est un manga dont le statut d'œuvre culte n'a rien de surestimé à mes yeux. C'est un excellent divertissement, avec de l'action, des personnages attachants, et une petite dose de réflexion sur les dangers de la science – comme dans beaucoup d'œuvres japonaise, le traumatisme de la bombe est encore très présent -, l'expérimentation humaine, la société japonaise, l'écologie... Des questions qui prennent parfois des tournures plus philosophiques que scientifiques.

Une œuvre phare que je conseille à tout amateur de bande dessinée, et pas seulement de manga. Si vous êtes intimidé par ses 2200 pages, je vous conseille également Dômu, du même auteur. Vous y trouverez presque tous les ingrédients d'Akira, dans une ambiance policière plutôt que SF.

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