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Quatrième de couverture :

En ce temps là, le grand dieu Om adresse la parole à Frangin, l'Elu : « Psst ! » Frangin s'arrêta au beau milieu d'un coup de binette et balaya du regard le jardin du temple. « Pardon ? » lança-t-il. C'était une belle journée du printemps prime. Les moulins à prière tournaient joyeusement dans le vent venu des montagnes. En altitude, un aigle solitaire décrivait des cercles concentriques. Frangin haussa les épaules et s'en retourna à ses melons. Le grand dieu Om reprit la parole : « T'es sourd, mon gars ? » Et très vite le jeune novice sentit une lourde responsabilité s'abattre sur ses frêles épaules. Une guerre sainte allait éclater et il fallait l'étouffer dans l'oeuf. Car il est des hérétiques, voyez-vous, qui prétendent contrairement aux dogmes les plus sacrés, que le monde est plat et qu'il renverse lentement l'univers sur le dos d'une tortue gigantesque... Blasphème !

Mon avis :

Alors qu'il bine des melons dans le jardin de la citadelle de Kom, au pays d'Omnia, le novice Frangin découvre une petite tortue borgne. Quelle n'est pas sa surprise de découvrir qu'il s'agit d'une incarnation du dieu Om !

Frangin, le pieux et naïf novice, et Om, le grand dieu devenu petit, forment un duo irrésistible. C'est autour de leur relation que s'articule tout le roman. Outre le pays d'Omnia, le duo ira, pour mon plus grand plaisir, découvrir Éphèbe et ses philosophes. Au rayon des nouveaux personnages, on peut citer rapidement l'inquiétant Vorbis, diacre de la Quisition, le philosophe Honorbrachios et son disciple Tefervoir ou encore Plahtah Je-Me-Tranche-La-Main qui me fait penser à quelqu'un...

Dans ce treizième tome des Annales du Disque-Monde, Terry Pratchett s'attaque aux dieux et à la religion. L'auteur nous dévoile tout sur les mystères de la foi, l'existence des divinités et nous explique, surtout, comment peut voir le jour une religion monothéiste niant l'existence d'autres dieux dans un monde où on en trouve sous le moindre caillou.

Rire de la religion est un exercice difficile, mais Pratchett traite le sujet avec le talent qu'on lui connait. L'humour se fait plus mordant qu'à l'habitude, je trouve. Sans doute parce qu'il est plus facile de faire des parallèle entre notre histoire et celle du Disque. Si on cite souvent les Monty Python lorsqu'on décrit l'humour de Pratchett, alors "Les Petits Dieux" est son "La Vie de Brian".

Encore une excellente histoire dans une série qui en compte déjà beaucoup.

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