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Quatrième de couverture :

2044. La Terre est à l'agonie.
Comme la majeure partie de l'humanité, Wade, 17 ans, passe son temps dans l'OASIS – un univers virtuel où chacun peut vivre et être ce qui lui chante. Mais lorsque le fondateur de l'OASIS meurt sans héritier, une formidable chasse au trésor est lancée : celui qui découvrira les trois clefs cachées dans l'OASIS par son créateur remportera 250 milliards de dollars !
Multinationales et geeks s'affrontent alors dans une quête épique, dont l'avenir du monde est l'enjeu. Que le meilleur gagne...

Mon avis :

2044. Wade Watts, comme presque toute l'humanité, se connecte à l'OASIS, programme de réalité virtuelle mondial, pour fuir la misère et vivre la vie qu'il a toujours rêvé. Décédé quelques années auparavant, le créateur de l'OASIS James Halliday a caché un Easter Egg dans son monde virtuel. Celui qui le trouvera héritera de toute sa fortune. Wade s'est juré d'être le premier de cette "chasse à l'oeuf".

Les années 80 connaissent un regain d'intérêt depuis quelques années et Player One s'inscrit à fond dans cette mouvance nostalgique. Mais là où certains flattent le geek avec des références subtiles, Ernest Cline y va avec de gros sabots bien lourds. Son arme : le name dropping ; son objectif : citer un maximum de films, séries, chansons, jeux vidéos emblématiques des années 80.

Si vous êtes allergiques aux eighties, fuyez ! pauvres fous, car vous ne passerez pas.
En dehors d'une poignée, importantes et vraiment intégrées à l'intrigue, la grande majorité des références sont purement gratuites, du genre : "Il ressemblait à ce personnage du feuilleton Ricky ou la belle vie" ou "L'escalade des poutrelles des Piles me faisait penser aux anciens jeux vidéos de plate-forme, comme Donkey Kong ou BurgerTime". Si vous êtes trop jeune pour avoir connu les années 80, pas de panique, vous ne serez pas perdu pour autant. Ernest Cline n'oubliera pas de préciser que Dragon Magazine était une revue dédiée aux jeux de rôles et la Folle Journée de Ferris Bueller, un film de John Hugues décrivant la vie des adolescents... et tant pis si ça alourdit encore un peu plus le récit.

Pour vous donner une idée de la quantité, j'en ai listé une partie : Galaga / Defenders / Asteroid /Space Invaders / Monty Python : Sacré Graal / Muppet Show / Atari 2600 / Adventure / Apple II / Atari 800 XL / TRS-80 / Donjons et Dragons / Tennis for Two / Spacewar / Sacré famille / L'Araignée / X-Men / Green Lantern / Superman / Captain America / 1, rue Sésame / Donkey Kong / BurgerTime / Pitfall! / Star Trek / Star Trek : La Nouvelle Génération / Deep Space Nine / Voyager / Enterprise / Terminator / Contra / Golden Axe / Smash TV / Breakfast Club / La Folle journée de Ferris Bueller / Dragon Magazine / Duran Duran / Krull / Intellivision / Ikari Warriors / Ladyhawke / Howard... une nouvelle race de héros / La Guerre des étoiles / Highlander / Matrix / Legend / Greyhawk / Everquest / World of Warcraft / Firefly / Les Goonies / le Voyage fantastique / Battlestar Galactica / Indiana Jones / Retour vers le futur / S.O.S. Fantômes / Mad Max / Les Simpsons / Les Maîtres de l'univers / Godzilla / K 2000 / Supercopter / L'Agence tout risque / G.I. Joe / Police / R.E.M. / Clash / Jeopardy / van Halen / Bon Jovi / Pink Floyd / Midnight Oil / Akalabeth / Zaxxon / GURPS / Rolemaster / Doctor Who / Dar l'invincible / Joust / Excalibur / Street Fighter II / Heavy Metal magazine / Centipede / Pac-Man / Ms. Pac-Man / Les Schtroumpfs / Riptide / Footloose / Dig Dug / Rocky Horror Picture Show / Ricky ou la belle vie / Drôles de dames / Super Jaimie / Wonder Woman / Peter Gabriel / Conan le barbare / 2001 : Odyssée de l'espace / Dark Cristal / Buck Rogers / La Famille Adams / Evil Dead / Fight Club / Les Aventures de Buckaroo Banzaï à travers la 8ème dimension / Neuromancien / New Order / Billy Idol / Cindy Lauper / James Brown / Blondie / Wham! / Ultraman / Battlezone / Bryan Adams / Zork / Charlie ou la chocolaterie / THX 1138 / AC/DC / Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin / Colossal Cave / Cowboy Bebop / Sacrée famille / Kurosawa / Blade Runner / À toute épreuve / The Killer / le Géant de fer / Macross / Gundam / Mobile Suit Gundam / Mazinger Z / Robotech / Mechagodzilla / Neon Genesis Evangelion / Explorers / le Seigneur des anneaux / Short Circuit / WarGames / Bip Bip et Coyote / La Quatrième dimension / Q-Bert / Tempest... Ouf !!
Et encore, j'en ai oublié les trois-quart et j'ai ignoré les répétitions. La Guerre des étoiles et Retour vers le futur ont été cité une dizaine de fois chacun, par exemple.

Je ne sais pas vous, mais moi j'ai frisé l'overdose. Surtout que cela sert essentiellement de cache-misère à une intrigue finalement pauvre. Une simple chasse au trésor à la structure répétitive : un message codé permet de découvrir une clef qui ouvre un portail qui renferme un message codé, and repeat it. Les rebondissements sont convenus et se voient venir de très loin. La troisième partie de l'histoire est truffée de facilités scénaristiques qui mènent à une fin attendue

Les personnages sont tout aussi convenus. Wade est un jeune ado introverti dans la vraie vie, mais qui devient un mec cool dans la peau de Parzival, son avatar. Idéal pour que l'identification du lecteur. Si tu es une fille, rassures-toi, Art3mis est exactement le même personnage, avec une paire de seins. Mais la palme revient au méchant.
Nolan Sorrento est le président d'IOI, un société de fournisseur d'accès Internet qui aimerait mettre la main sur l'OASIS pour en rendre l'accès payant et l'inonder de publicités. Sorrento vole, ment, tue, corrompt, triche aux jeux vidéos, bref, il ne lui manque que le rire maléfique dans sa panoplie de grand méchant de bande-dessinée caricatural.
À propos, j'aurais imaginé que n'importe quelle société dans le monde, quelle que soit son secteur d'activité, aurait forcément cherché à mettre la main sur l'héritage de l'homme le plus riche du monde, mais visiblement seul IOI semble intéressé. Peu crédible.

Finalement, seule la description du fonctionnement de l'OASIS recèle quelques bonnes idées. Le système éducatif imaginé par Ernest Cline repose sur des règles crédibles et cohérentes. le monde réel, quant à lui, est une dystopie assez générique comme on en a lu milles fois. En gros, la Terre est polluée, les inégalités se sont creusés entre riches et pauvres, etc. On en saura pas plus, mais de toute manière, cela n'intéresse pas l'auteur qui privilégie l'OASIS et son étalage de pop culture.

Pour résumer, je dirais que Player One est un roman écrit pour les jeunes blindé de références pour les vieux. Je n'ai pas aimé.

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