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Quatrième de couverture :

Des héroïnes souffrent de l'absence de l'homme qu'elles aiment et qui, le plus souvent, les a perfidement abandonnées. Comment peuvent-elles lui dire leurs souffrances? En inventant, pour répondre à cette question, le genre de la lettre amoureuse, à la fois monologue tragique et cantate lyrique, Ovide explore le vertige des héroïnes blessées. Les accents des Lettres d'Amour résonnent encore dans les aveux de Phèdre comme dans ceux de la religieuse portugaise ou dans les chants désespérés des divas d'opéra.

Mon avis :

Les Héroïdes d'Ovide se présente sous la forme de 21 lettes d'amour (épîtres). Les quinze premières sont écrites par des héroïnes légendaires de la mythologie à l'adresse de leurs amants, trois autres sont écrites par des héros et suivies des réponses de leurs maîtresses.

L'amour dans la mythologie gréco-romaine est rarement heureuse. La plupart du temps, les femmes sont délaissées, trompées, trahies... ou bien harcelées par un amant alors qu'elles sont déjà mariées et satisfaites. Il y a aussi des amours partagés, comme celui de Pénélope et d'Ulysse, mais qu'un éloignement forcé rend douloureux.

Je dois préciser, car cela a son importance, que j'ai lu une version numérique de ce texte qui, contrairement à son édition papier, ne contient aucun appendices, ni notes.
Le gros souci étant qu'Ovide s'adressait à l'époque à un auditoire qui connaissait toutes ces légendes, ce qui n'est plus vraiment le cas aujourd'hui. Bien des personnages de ce livre m'étaient inconnus, d'autant qu'ils pouvaient tantôt être désignés par leur nom, tantôt par une périphrase, ce qui ajoute à la confusion.

J'ai pu apprécier les lettres de Pénélope à Ulysse, Didon à Énée, Déjanire à Hercule, Hélène à Pâris (et sa réciproque), Médée à Jason... parce que je connaissais leurs histoires. Pour les autres, j'ai eu plus de mal. Et puis il y a les histoires que je croyais connaitre, mais en fait non, comme dans Ariane à Thésée, où j'ai découvert que leurs liens ne se résumaient pas à un fil.

Certains textes requièrent, pour les apprécier à leur juste valeur, un bagage culturel que je ne possède pas.
Je prend pour exemple l'Épitre XIV : Hypermnestre à Lyncée, un texte qui m'a semblé être très intéressant. Hypermnestre, est condamné à mort par son père, le roi Argos. Ce dernier avait ordonné à toutes ses filles d'assassiner leur époux dans leur sommeil. Seule Hypermnestre désobéi ; par amour, elle épargna Lyncée.
Pourquoi Argos ordonna la mort de ses beaux-fils ? Quels crimes ont-ils commis ? Pourquoi les femmes sont-elles chargées d'exécuter la sentence ? Autant de questions qui restent sans réponses. C'est assez frustrant.

J'aimerais beaucoup mettre la main sur l'édition papier, pour profiter des appendices et remplir tous les blancs de ces histoires. La version numérique, en l'état, ne s'adresse qu'à un public averti. Pour ma part, j'ai le sentiment d'être complètement passé à côté de ma lecture.

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