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Quatrième de couverture :

Teppicymon XXVII est mort et il a un peu de mal à se faire à cette idée. Même s'il respecte le professionnalisme des embaumeurs, voir ces sympathiques artisans plongés jusqu'aux coudes dans vos entrailles a quelque chose qui vous remue les tripes.
Son fils va lui succéder et lui aussi a quelque difficulté à s'adapter à la nouvelle situation. Pas facile d'hériter du trône quand on est encore un ado et qu'on vient d'achever ses études à la Guilde des assassins...
Vous voilà soudain responsable du lever du soleil comme de l'abondance des récoltes. Et les ennuis vous guettent : vaches grasses, vaches maigres, sphinx, prêtres fanatiques, crocodile sacrés et momies vagabondes.
Sans compter que la Grande Pyramide a précipité le royaume dans une faille spatiotemporelle.

Mon avis :

Teppic est le prince du Jolhimôme, un pays où rien n'a changé depuis sept milles ans. Il rêve de liberté, aussi a-t-il insisté pour aller étudier à Ankh Morpokh, dans une école bien particulière. Mais on échappe pas aussi facilement à son destin...
Pyramide est le septième tome des Annales du Disque-Monde, et Terry Pratchett nous prouve une fois de plus que nous n'avons encore bien des choses à découvrir dans ce monde farfelu.

Comme à son habitude, l'auteur articule son histoire autour d'un thème particulier. Cette fois-ci, c'est notre antiquité qui est passée à la moulinette discale avec en point de mire l'Égypte — pardon, le Jolhimôme —, ses pyramides, ses momies et son panthéon extravagant, et la Grèce — pardon, Éphèbe — et ses grands penseurs. Un grand moment : la Guerre de Troie — pardon, de Tsort — racontée par Copolymère, le plus grand conteur de toute l'histoire du monde.

Si le roman manque d'un personnage central fort, Teppic n'a pas autant de charisme ni de puissance comique qu'une Mémé Ciredutemps ou un Rincevent, rien à redire en revanche du côté des nombreux personnages secondaires, tous plus réussi les uns que les autres. Mention spéciale à Pastclup et ses deux fils, à l'inquiétant Dios et au peuple éphèbien dans son intégralité.

Le contexte est dépaysant et rafraichissant*. Terry Pratchett nous décrit un monde où les chameaux sont les animaux les plus intelligents et les tortues les plus rapides**, et, aussi absurde que cela puisse paraître, c'est cohérent.

Il ne manque pas grand chose à ce tome pour être excellent. Pyramides est juste bon, et très drôle, ce qui n'est déjà pas si mal.


* Pour autant que cet adjectif puisse convenir à un pays où le simple fait d'évoquer de l'eau qui tombe du ciel vous vaut un regard peiné et compatissant, du genre que l'on adresse à quelqu'un qui prétendrait avoir été enlevé par des entités d'un autre monde qui auraient passé toute une nuit à lui ausculter les orifices à l'aide de sondes diverses avant de le déposer dans la benne à ordure d'un bar, ce qui explique qu'il sente si fort l'alcool.
** Enfin, logiquement.

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