image

Quatrième de couverture :

Pour Turner, cette mission d'ex-filtration d'un cadre de Maas Biolab fait partie de la routine de son boulot de mercenaire. Et il est le meilleur dans sa partie... Au même moment, en Europe Marly, une galeriste d'art ruinée reçoit une étrange proposition du multimilliardaire Josef Virek : découvrir l'origine de mystérieux coffrets dont le style ressemble à celui de l'artiste qui a causé sa perte... Quant à Bobby, un hacker qui se fait appeler Comte Zéro, il voit son ultime heure venue. Son dernier casse informatique a mal tourné : le système qu'il croyait pirater est en train de le tuer... Trois êtres que tout sépare, mais que le cyberspace va réunir dans une course contre la montre dont l'enjeu est... la domination du monde ! Mais quel monde : le réel ou le virtuel ?

Mon avis :

Turner est un mercenaire chargé d'exfiltrer Christopher Mitchell, l'inventeur des biopuces, de chez Maas Biolabs, pour le compte d'une corporation rivale.
Marly, propriétaire d'une galerie d'art parisienne, se fait embaucher par Josef Virek, l'un des hommes les plus riche du monde, pour rechercher l'origine de plusieurs oeuvres d'art.
Bobby se voyait déjà devenir un grand pirate informatique – il se fait appeler Comte Zéro – mais se fait griller le cerveau par une glace noire dès sa première passe sur le réseau. Il survit miraculeusement, sauvé par une étrange apparition.

Comte Zéro se déroule huit ans après les évènements parus dans Neuromancien. Le fait de suivre trois histoires permet d'apprécier les nombreuses facettes de cet univers. William Gibson continue de développer sa vision de l'avenir, avec ses corporations tentaculaires au pouvoir renvoyant les nations au rang de concept obsolète, sa biotechnologie rendant toujours plus floue la frontière entre l'humain et la machine et, bien sûr, le cyberspace.

La matrice est devenue le théâtre d'apparitions étranges que les hommes ont bien du mal à interpréter. Et comme souvent face à l'inconnu, l'humain se réfugie dans la religion. Catholiques' musulmans et bouddhistes sont évoqués, mais c'est le vaudou qui sera à l'honneur. William Gibson rend fascinante l'alliance du surnaturel et de la technologie et, en mettant en scène autant de convertis que de sceptiques, permet au lecteur de se faire sa propre opinion du phénomène.

J'avais déjà lu ce roman il y a de nombreuses années et, dans mon souvenir, il pouvait très bien se lire indépendamment des autres tomes. À la relecture, je suis bien obligé d'admettre que j'avais tort.
Le roman est construit de telle manière qu'aucun des personnages n'aura une vue d'ensemble sur l'histoire. Seul le lecteur sera en mesure de reconstituer le puzzle, mais seulement si il aura également lu Neuromancien. Les évènements du précédent roman de Gibson sont régulièrement évoqués, mais souvent de manière vague, et il me semble difficile de bien saisir tous les ressorts de l'intrigue sans en avoir une pleine connaissance.

Avec Comte Zéro, William Gibson continue de tisser un univers fiche et cohérent que je trouve toujours aussi passionnant à parcourir. Ceux qui ont apprécié Neuromancien peuvent se jeter dessus sans hésiter.

image