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Quatrième de couverture :

Chen Cao a grandi au temps des dénonciations de masse et des excuses publiques: «Honte aux intellectuels bourgeois!», «Je suis pourri du coeur aux orteils, je mérite des milliers de morts!» Il a vu son père accusé, sa famille humiliée. Des années plus tard, lorsque l’État lui assigne un poste subalterne dans un commissariat de la ville, un drame fait écho à ce passé de fils de «monstre noir». Fu, un commerçant de la Cité de la Poussière Rouge, spolié sous Mao puis réhabilité et grassement indemnisé, est retrouvé assassiné… Une affaire qui marquera les premiers pas sur le terrain d’un poète de cœur devenu flic par hasard.

Mon avis :

Ce dixième tome des enquêtes de l'inspecteur Chen Cao est original a plus d'un titre.

Tout d'abord, le roman commence par un préambule où Qiu Xiaolong nous raconte son enfance pendant la Révolution Culturelle de Mao Zedong. On découvre ce qu'étaient les "critiques révolutionnaires de masse des ennemis de classe". Cela fait assez froid dans le dos et m'a rappelé les "deux minutes de la haine" de 1984. Sauf que, contrairement au roman de Georges Orwell, les manifestations de Mao ont réellement eu lieu.

Ce préambule, en plus d'être intéressant en lui-même, donne des informations importantes pour la compréhension de l'histoire. Comme pour tous les tomes de la série, le contexte politique de l'époque revêt une importance capitale.

Le roman est divisé en trois parties : la première raconte l'enfance de Chen Cao, la seconde, son entrée dans la police et sa première enquête, et la dernière, un peu particulière, est composée pour moitié de petites histoires concernant Chen et dans l'autre moitié l'auteur nous raconte de nouveau sa vie, la reprenant là où il l'avait laissée à la fin du préambule, jusqu'au moment où il devient écrivain.

Qiu Xiaolong nous raconte son amitié d'enfance avec un certain Lu, dit "Lu, le chinois d'outre-mer". Si ce nom vous rappelle quelque chose, c'est normal. Lu est un personnage récurrent des enquêtes de l'inspecteur Chen, et cet ami d'enfance lui a servi de modèle.

En fait, l'enquête proprement dite est assez secondaire. le roman met beaucoup plus l'accent sur Chen Cao lui-même. C'est sans doute le roman le plus personnel de Qiu Xiaolong. Pas seulement parce qu'il nous confie ses souvenirs d'enfance, mais parce qu'on y découvre à quel point l'auteur et son personnage sont proches.

Un beau roman mais également un peu décevant à cause de son intrigue policière, en retrait À découvrir uniquement si vous appréciez l'auteur et l'inspecteur Chen et que vous désirez en savoir plus sur l'un et l'autre.