image

Quatrième de couverture :

Ce recueil de nouvelles regorge d'inventions et de violence. Le fantastique et l'horreur surgissent au détour des réalités les plus familières. Ainsi... Quand un tueur à gages rentre de voyage, mission accomplie, et qu'il découvre dans un colis arrivé en son absence des soldats de plomb, il a envie de sourire, non ? Il aurait tort... Quand des camions mènent un train d'enfer sur le parking de votre motel et vous assiègent, n'y a-t-il pas de quoi devenir fou ? Surtout quand on s'aperçoit qu'il s'agit de camions sans chauffeur...

Mon avis :

J'ai une certaine affection pour Stephen King. Ce que j'apprécie le plus dans ses textes est sa façon de nous décrire un quotidien ordinaire, avec des personnages simples, mais attachants, puis de faire basculer le tout lentement dans une ambiance de plus en plus malsaine. C'est pourquoi je trouve, d'une manière générale, le format d'une nouvelle trop court pour son style et que je préfère ses romans.

Malgré tout, certains de ses textes courts méritent qu'on s'y attarde. Voyons ce qu'il en est de Danse macabre. Il y a vingt nouvelles au total, je vais donc essayer d'aller à l'essentiel :

- Celui-qui-garde-le-ver :
On commence mal avec nouvelle longue et ennuyeuse. le format épistolaire et l'action qui se déroule au XIXe siècle m'ont fait penser à Dracula (d'autant plus que l'action se passe à Jerusalem's Lot, cadre de Salem, précédent roman de King traitant des vampires) mais on est loin, très loin, du chef-d'oeuvre de Bram Stoker.

- Poste de nuit :
La seconde nouvelle est bien meilleure, en comparaison. le cadre est ordinaire (un sous-sol d'usine) et la menace l'est tout autant (des rats) mais la tension est palpable et monte crescendo.

- Une sale grippe :
Sympathique mais oubliable. du post-apo basique, qui n'apporte rien au genre.

- Comme une passerelle :
Un petit peu de SF dans cette histoire dans cette nouvelle au suspens bien géré.

- La presseuse :
Mélangez Christine (sans les roues !) avec l'Exorciste, et vous obtiendrez la Presseuse. Une de mes nouvelles préférées du recueil. Ses qualités sont les même que Poste de nuit.

- le croque-mitaine :
Sympa, mais sans plus.

- Matière grise :
Idem, mais en plus glauque.

- Petits soldats :
Je n'aime pas du tout cette nouvelle qui, pour moi, cumule deux défauts : on nous plonge dès la première page dans une situation surréaliste, donc pas d'ambiance, et on ne sait rien du personnage principal, donc pas d'implication. En plus, la fin est nulle.

- Poids lourds :
Je n'ai pas trop aimé cette histoire non plus, un peu pour les mêmes raisons que la précédente. Je la trouve toutefois un peu meilleure.

- Cours, Jimmy, cours :
Cette histoire de professeur hanté par des fantômes d'enfants est une de mes nouvelles préférée du recueil, malgré la fin un peu expéditive. Il y aurait eu matière à être développé au format novella (une centaine de pages).

- le printemps des baies :
J'ai lu cette histoire avant hier et j'ai déjà oublié de quoi elle parlait... Tout est dit, je crois.

- La corniche :
Pas un gramme de fantastique dans cette nouvelle, juste une bonne idée et une tension bien gérée. Une histoire simple, mais bonne.

- La pastorale :
Bof bof... Je n'ai pas accroché du tout.

- Désintox, inc. :
Une nouvelle, qui traite de l'addiction au tabac, que j'aurais pu trouver excellente, mais le comportement totalement surréaliste de l'épouse du personnage principal m'a sorti de l'histoire. Vraiment dommage.

- L'homme qu'il vous faut :
Une histoire plaisante, mais trop prévisible.

- Les enfants du maïs :
Une bonne histoire qui dégage une ambiance bien malsaine et flippante du début à la fin.

- le dernier barreau de l'échelle :
Une histoire très touchante et très bien écrite qui met en scène des enfants. La preuve que Stephen King peut écrire de beaux textes même quand il n'est pas question d'horreur.

- L'homme qui aimait les fleurs :
Un histoire où on se demande où King veut en venir jusqu'à la fin, mais dont le défaut est de passer après une excellente nouvelle. Sympathique, ceci dit.

- Un dernier pour la route :
On retourne à Jerusalem's Lot, de nos jours cette fois, pour une histoire qui se déroule après les évènements de Salem. Plaisant à lire mais assez anecdotique.

- Chambre 312 :
Un texte très touchant pour terminer, qui met en scène l'horreur ordinaire des malades en phase terminale à laquelle, malheureusement, beaucoup de lecteurs peuvent être confonté, si ce n'est pas déjà le cas. Ce qui rend l'implication du lecteur encore plus forte. Un texte qui m'a un peu remué, je dois dire.

Un recueil de nouvelles assez inégal, donc, qui contient quelques bons textes, un plus grand nombre d'oubliables, et quelques-uns vraiment mauvais. L'ensemble n'est pas inintéressant, mais ce n'est pas l'ouvrage de Stephen King que je conseillerais pour qui souhaite découvrir l'auteur.