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Quatrième de couverture :

Le vent, l'orage et les éclairs... Tout cela dans l'horreur d'une profonde nuit. Une de ces nuits, peut-être, où les dieux manipulent les hommes comme des pions sur l'échiquier du destin.
Au cœur des éléments déchaînés luisait un feu, telle la folie dans l'œil d'une fouine. Il éclairait trois silhouettes voûtées. Tandis que bouillonnait le chaudron, une voix efffrayante criailla :
« Quand nous revoyons-nous, toutes les trois ? »
Une autre voix, plus naturelle, répondit :
« Ben, moi j'peux mardi prochain. »
Rois, nains, bandits, démons, héritiers du trône, bouffons, trolls, usurpateurs, fantômes, tous sont au rendez-vous. Shakespeare n'en aurait pas rêvé autant. Ou peut-être que si ? Mais l'avantage du roman par rapport au théâtre, c'est que l'on peut s'autoriser beaucoup, beaucoup plus de personnages. Et même le ravitaillement en vol d'un balai de sorcière !

Mon avis :

Au royaume de Lancre, dans les montagnes du Bélier, le roi meurt soudainement d'un coup de dague dans le dos – mort naturelle, dirons-nous. Ce sont des choses qui arrivent. Mais tout ne se passe pas comme il faut et trois soeurcières devront régler les problèmes de succession. Il sera question de couronne, de Kasqueth et de bonnet à clochettes...

Même si on dit facilement cela de tous les personnages imaginés par Terry Pratchett, je crois bien que Mémé Ciredutemps est mon préféré. Bourrue et ronchonne comme pas deux, je la trouve sacrément drôle... même si je changerais sûrement de trottoir si je la croisais dans la rue. Elle sera accompagnée de deux consoeurs, la petite nouvelle dans la profession Magrat Goussedail et la très extravertie Nounou Ogg, au savoureux répertoire de chansons. Elles ne seront pas trop de trois pour cette aventure, car le duc et la duchesse Kasqueth, le nouveau couple régnant, vont s'avérer être de redoutables adversaires.

Dans chaque tome des Annales, l'auteur aborde un thème en particulier. Cette fois-ci, il sera question de théâtre. Sur le Disque-Monde, les mots ont un pouvoir immense et le noble art devient une forme de magie puissante (quelque soit la qualité des acteurs, d'ailleurs). Avec humour, l'auteur glisse de nombreuse références. J'ai noté des allusions à Laurel et Hardy, à Chaplin et au Théâtre du Globe de Londres qui est devenu le Dysk d'Ankh-Morpork, entre autres, et toute l'intrigue du roman semble s'inspirer de Macbeth. Ma méconnaissance du théâtre en général, et de Shakespeare en particulier, a dû me faire manquer pas mal de références, malheureusement.

Comme d'habitude avec Pratchett, j'ai passé un excellent moment. J'avais été échaudé par quelques longueurs dans Sourcellerie, cette fois j'ai trouvé que l'aventure était bien menée de bout en bout, rythmée et drôle. Bref, un excellent cru.
Vivement le prochain !