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Quatrième de couverture :

En 1992, à Milan, un groupe de journalistes, cinq hommes et une jeune femme, sont embauchés pour créer un nouveau quotidien qu’on leur promet dédié à la recherche de la vérité, mais qui se révèle un pur instrument de calomnie et de chantage. Ils fouillent dans le passé pour mettre en page leur « numéro zéro », et c’est le présent qui leur saute au visage… « L’ombre de Mussolini, donné pour mort, domine tous les événements italiens depuis 1945 » : est-ce là le délire d’un journaliste d’investigation paranoïaque ? Mais alors, pourquoi le retrouve-t-on assassiné un beau matin ?
Attentats, tentatives de coups d’Etat, empoisonnements, complots, stratégie de la manipulation, de la désinformation et de la tension : quand tout est vrai, où est le faux ?

Mon avis :

En quatrième de couverture, on peut lire : « Après le Nom de la Rose, voici le meilleur roman d'Umberto Eco. » C'est très présomptueux, même si je vais casser le suspens en vous disant tout de suite que j'ai beaucoup aimé ce roman. Malgré tout, il n'a pas pour ambition, je pense, d'égaler le Nom de la Rose ou le Pendule de Foucault.

Numéro Zéro est un "petit" roman, si on le compare aux deux titres sus-mentionnés. À peine plus de 200 pages, écrites dans un style fluide, il se dévore en quelques heures. Pages dans lesquelles Umberto Eco dresse un portrait terriblement cynique du journalisme et de la presse écrite, mais le pire c'est que ce n'est peut-être pas si éloigné de la réalité.

Le roman raconte la création de Domani, un journal d'investigation qui ne se contente pas de relater les faits mais spécule sur l'évolution future des grands évènements. du moins, c'est ce que pense les journalistes engagés pour y travailler car, en réalité, l'actionnaire principal prévoit de se servir du quotidien comme d'un instrument de chantage. En fait, si tout se passe comme dans ses plans, Domani ne devrait même pas être publié.
Mais, évidemment, tout ne se déroulera pas comme prévu...

L'histoire est contée par Colonna, un écrivain sans grande envergure au courant de la vrai nature du quotidien, contrairement à Maia Fresia et Braggadocio, deux des journalistes engagés par le quotidien.
Maia m'a fait penser à Lia, l'épouse de Jacopo Belbo dans le Pendule de Foucault. Ce sont deux jeunes femmes cultivées, pleines d'esprit et un brin fantasque. Mais là où Lia était rationnelle, une ancre dans la vie de Jacopo, Maia semble toujours un pied en dehors de la réalité. J'ai beaucoup aimé ce personnage tout en sensibilité.
Avec Braggadocio, le paranoïaque qui voit des complot partout, Umberto Eco nous refait l'histoire comme il en a le secret. Ici, c'est l'assassinat de Mussolini en 1945 qui sert de point de départ à une théorie audacieuse qui jette une lumière nouvelle sur tous les évènements qui ont rythmé l'histoire de l'Europe dans les décennies suivantes. Difficile de discerner où s'arrête la réalité et où commence la fiction dans toute cette masse d'informations, tant tout semble plausible au bout du compte...

Numéro Zéro est un roman court, avec beaucoup d'humour et de cynisme, qui semble léger en comparaison des autres romans de l'auteur, mais il ne manque pas de profondeur et j'ai passé un très agréable moment en le lisant.

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